Les recettes de sonatrach en baisse de 10 milliards de dollars au 30 septembre 2020

Pertes brut
 
Liberté, 20 octobre 2020

Le ministre de l’Énergie a  révélé  hier  que  la  compagnie nationale a enregistré une baisse de 41% de son chiffre d’affaires à l’exportation. La crise sanitaire a plombé la compagnie nationale des hydrocarbures.

Le  groupe  national  des  hydrocarbures  Sonatrach  a  subi un important manque à gagner, estimé à 10 milliards  de dollars  jusqu’à fin septembre 2020 par rapport à la même période en 2019 à cause de la pandémie de Covid-19, avec une baisse de 41% de son chiffre d’affaires à l’exportation, indique un bilan du ministère de l’Énergie.

Ce montant a été dévoilé dans un bilan rendu public hier par le ministère à l’occasion d’une réunion entre le ministre de l’Énergie et les directeurs des wilayas de son secteur.

Selon le même bilan, le  groupe  Sonelgaz  a  enregistré, quant à lui, des pertes de 18,7 milliards de dinars dues à la baisse de la consommation en raison de la réduction de l’activité économique et de l’augmentation des créances de la Sadeg, durant la même période.

L’entreprise Naftal a été également  touchée  par  la Covid-19 avec un manque à  gagner  estimé  à  41  milliards  de  dinars  durant  la  même  période  de comparaison. 

De même, la  filiale  de  Sonatrach spécialisée dans le transport aérien, Tassili Airlines, a enregistré  un  manque  à  gagner  de 1,5 milliard  de  dinars. Les entreprises du secteur énergétique ont été confrontées au ralentissement de l’activité économique mondiale et  à  la réduction des  effectifs dans le cadre des mesures prises pour lutter contre la propagation du virus.

Face à cette situation, il a été décidé de procéder à des mesures urgentes pour atténuer cette crise sanitaire et financière, dont la réduction du budget d’investissement des deux groupes (Sonatrach et Sonelgaz) pour économiser un montant de 150 milliards de dinars, relève le ministère. 

Dans le cadre de la feuille de route de développement du secteur, il a été envisagé aussi la réorganisation de Sonatrach et de Sonelgaz de manière à permettre la concentration des deux compagnies sur leurs métiers de base, de moderniser les systèmes de gestion et d’information et d’optimiser les coûts d’exploitation et d’investissement.

L’autre objectif fixé est celui de réduire de 17% le budget de fonctionnement des deux entreprises publiques, soit d’un montant total de 82 milliards de dinars, selon les chiffres avancés par le ministère.

Les textes prêts avant fin novembre

Participant à la réunion du ministre de l’Énergie avec les directeurs de l’énergie des wilayas, tenue au Centre de formation des industries électriques et gazières de Ben Aknoun, Noureddine Daoudi a indiqué, en marge de la rencontre, qu’à fin août, 16 projets de décrets exécutifs ont été finalisés et introduits au secrétariat général du gouvernement. Neuf autres décrets l’ont été à fin septembre.

Pour ce mois d’octobre, ce sont entre 7 et 9 décrets qui seront introduits au SGG. Noureddine Daoudi a indiqué que le défi, c’est de finaliser l’ensemble des  43  décrets  d’ici  à  la  fin  novembre.  La  finalisation  de  ces  décrets d’application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures pourrait ouvrir la voie à un éventuel appel d’offres durant l’année 2021, selon Noureddine Daoudi.

Certes, la finalisation des décrets  d’application  est  une  condition pour un éventuel lancement d’appel d’offres, mais cela n’est pas suffisant, selon le président du comité directeur de l’Alnaft. Selon lui, l’objectif n’est pas juste de lancer un appel d’offres, mais plutôt de le réussir.

À ce titre, le lancement d’un appel d’offres en 2021 dépendra essentiellement de la relance de l’économie  mondiale. Il est aussi lié au ciblage des bonnes opportunités qui seront proposéees travers l’appel d’offres.

L’expérience des précédents appels d’offres, qui se sont tous soldés par de maigres  résultats, pousse  les  décideurs  à  changer  d’approche.  Pour Noureddine Daoudi, s’il y a appel d’offres, il sera mixte.

C’est-à-dire  que  cet  appel  d’offres  concernera  des  projets  en développement s’appuyant sur des projets d’exploration. Pour le responsable de l’Alnaft, c’est une approche plus attractive puisqu’elle permet un retour sur investissement plus rapide pour les partenaires.

Toujours  dans  l’éventualité  d’un  lancement  d’appel  d’offres, Noureddine Daoudi a souligné que contrairement à la tradition qui consiste à rassembler les compagnies intéressées, la promotion de l’appel se fera à travers des “I-Data Room”.

Cela  permettra  de  susciter  l’intérêt  d’un  plus  grand  nombre  de compagnies. Si les conditions sont réunies, le lancement de l’appel d’offres ne peut qu’être de bon augure d’autant que la feuille de route du ministre de l’Énergie, Abdelmadjid Attar, insiste sur la revalorisation des hydrocarbures en vue de maintenir un niveau appréciable des revenus et de contribuer au financement de l’économie.

Selon les chiffres livrés hier par l’Alnaft, seuls 16,29% du domaine minier sont exploités en termes de prospection avec 8 périmètres pour Sonatrach en effort  propre  et  2  en  partenariat (offshore).  Pour  ce  qui  est  de  la  recherche, le  domaine  minier  n’est  exploité  qu’à 16,70%   avec  46 opérations pour Sonatrach seule et 6 en partenariat.

L’arrivée  de  nouveaux partenaires  à  travers  cet  éventuel  appel  d’offres permettra également de soulager la compagnie nationale qui, comme on le sait, à réduit ses budgets d’investissement. Lors d’un point de presse, hier, le ministre de l’Énergie a indiqué que Sonatrach a commencé à réduire certains de ses projets, ajoutant qu’“on fera avec les moyens de bord pour réaliser la feuille de route”.
 

Saïd SMATI