Marches du 5 octobre à Alger: Garde à vue prolongée pour une quarantaine de manifestants

H. L., El Watan, 07 octobre 2020

A Alger, des dizaines de manifestants ont tenté de marcher dans le centre-ville avant d’en être empêchés rapidement par les forces de police.

La garde à vue d’une quarantaine de manifestants, interpellés lors de la marche commémorative du soulèvement du 5 Octobre 1988 à Alger, a été a été prolongée de 24 heures, selon le vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH). «Sur Alger, on n’a pas de chiffres exacts des personnes arrêtées.

On tourne autour d’une quarantaine de personnes, qui ont été placées en garde à vue. Normalement, elles devaient comparaître hier devant la justice.

Mais, on vient d’apprendre que leur garde à vue a été prolongée jusqu’à aujourd’hui», a souligné Saïd Salhi, joint hier par téléphone. Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a confirmé le nombre de manifestants arrêtés à Alger.

«Environ 40 personnes, dont 6 femmes, sont toujours dans des commissariats d’Alger depuis leur arrestation, lundi 5 octobre à la marche d’Alger», a précisé le CNLD. Quelques manifestants arrêtés ont été relâchés dans la soirée de lundi. Ceux qui ont été interpellés devront être présentés aujourd’hui devant la justice, selon l’avocat Amine Saad.

Des marches et des rassemblements se sont déroulés, avant-hier, à travers plusieurs wilayas, malgré l’interdiction de manifester, pour marquer l’anniversaire du soulèvement du 5 Octobre 1988. A Alger, des dizaines de manifestants ont tenté de marcher dans le centre-ville avant d’en être empêchés rapidement par les forces de police.

Cette manifestation, la première dans la capitale depuis la suspension des marches du hirak à la mi-mars à cause de la Covid-19, a été dispersée et plusieurs personnes interpellées. Des marches ont également eu lieu à Béjaïa, où une gerbe a été déposée devant une stèle commémorant des victimes d’Octobre, à Beni Ourtilane, près de Sétif, à Annaba et Constantine.

A Béjaïa, le militant Yanis Adjlia a été arrêté alors que la marche s’est déroulée sans incident. Yanis Adjlia a été placé, hier, sous mandat de dépôt, après sa comparution immédiate au tribunal de Béjaïa, a fait savoir le CNLD. Son procès est renvoyé à l’audience du 13 octobre 2020.

Il est accusé d’«atteinte à la personne du président de la République», «attroupement non armé», «incitation à attroupement non armé», et «exposition au danger de la vie et l’intégrité physique d’autrui», selon le CNLD.

A Bouira, 9 manifestants, interpellés lors d’affrontements survenus vendredi dernier dans la commune de M’chedallah, comparaissaient devant le tribunal local.

Leur procès a été renvoyé à l’audience du 13 octobre. Parmi les 9 personnes arrêtées, 4 sont placées sous mandat de dépôt alors les 5 autres sont relâchées en attendant le procès.

«Les manifestants qui ont défilé à travers plusieurs villes du pays ont délivré un message très clair au pouvoir : la répression ne pourra amener ni la solution à la crise politique ni faire taire les gens. L’approche répressive du régime ne pourra pas arriver à bout de la mobilisation et surtout de l’espoir suscité par le hirak», a souligné Saïd Salhi.