Yamani Hamel écope de 5 ans de prison en appel

Après avoir été condamné à 4 ans en première instance à Oran

Liberté, 26 septembre 2020

Jugé en appel pour trafic d’influence, corruption et blanchiment d’argent, Yamani Hamel, frère de l’ancien directeur général de la Sûreté national, a été condamné à 5 ans de prison ferme. En rendant cette sentence jeudi dernier, la cour d’appel d’Oran a ainsi alourdi la peine de quatre années prononcée par le tribunal de première instance le 24 juin dernier.

Lors du procès en appel qui s’est déroulé ce 17 septembre, Yamani Hamel a réitéré son innocence des faits qui lui étaient reprochés, alors que le parquet avait réclamé l’aggravation de la peine. Le colonel à la retraite de l’ANP et ex-directeur des hospitalisations de l’hôpital militaire d’Oran, Yamani Hamel, avait été interpellé et placé en détention provisoire en août 2019, dans le cadre du retentissant scandale de dilapidation du foncier qui avait éclaté et à la suite des révélations faites par l’ancien directeur de l’agence foncière, Mohamed Mebarki, arrêté et écroué peu de temps auparavant.

Ces révélations avaient provoqué une vague d’arrestations parmi des responsables et élus locaux, tels que l’ancien chef de la sûreté de wilaya, Nouasri Salah ou le P/APC de Sénia, Yahia Bounaga. Devant le tribunal de première instance, Yamani Hamel, qui comparaissait en vidéoconférence depuis le centre de détention, avait affirmé avoir acquis ses biens en toute légalité et n’avoir jamais tiré avantage de sa position de colonel de l’ANP ou de celle de son frère Abdelghani.

L’accusé avait tenté de s’expliquer sur les conditions d’acquisition d’une salle des fêtes, d’un fast-food, de douches, de terrains et sur la construction d’une clinique d’hémodialyse à Sabra, dans la wilaya de Tlemcen. Explications qui n’ont manifestement pas convaincu le tribunal qui, même s’il n’a pas suivi le procureur de la République qui a requis 7 ans de prison, n’en a pas moins prononcé la peine de 4 ans fermes dans son délibéré.

Les avocats de Yamani Hamel avaient plaidé la relaxe de leur client “victime collatérale” des malheurs qui frappent son frère Abdelghani et n’ont pas manqué de s’interroger sur les motifs qui ont amené l’accusation à dissocier le cas Hamel de celui de l’ancien directeur de l’agence foncière, Mohamed Mebarki, qui devait être examiné deux mois plus tard.

Il faut savoir, en effet, que l’affaire de l’agence foncière a été scindée en trois dossiers : d’une part, le dossier Yamani Hamel, d’autre part, celui de Mohamed Mebarki et, enfin, le dossier de l’ancien directeur de la sûreté de wilaya d’Oran, Nouasri Salah, jugé, lui, à Sidi Bel-Abbès en vertu de la procédure de privilège de juridiction.

Outre Hamel qui a écopé de 5 ans en appel, Mohamed Mebarki a été condamné à 7 ans de prison en première instance, début septembre, tandis que le tribunal de Bel-Abbès a prononcé la peine de 8 ans de prison contre Nouasri Salah, à l’issue de son procès qui s’est tenu en août.

S. Ould Ali