Procès de l’ex-député FLN Mohamed Djemai : Trois ans de prison ferme et une amende de 500 000 DA requis

Nabila Amir, El Watan, 24 septembre 2020

Son nom est associé à l’intrusion de l’argent sale en politique. Mohamed Djemai, ancien député FLN de Tébessa, a été arrêté en septembre 2019 et placé en détention provisoire à la prison d’El Harrach. Son procès s’est ouvert hier au tribunal de Sidi M’hamed.

Officiellement, l’ex-secrétaire général du FLN est détenu depuis une année pour avoir menacé un journaliste et pour participation à la destruction de documents de preuves officiels. Djemai et son épouse avaient été accusés de s’être introduits dans l’enceinte du tribunal pour subtiliser le dossier de la plainte du journaliste en question. Le jour de la présentation du dossier devant le procureur, le journaliste Saad Bouakba avait annoncé avoir décidé de renoncer à toutes les poursuites judiciaires contre Djemai et sa femme. Mais le procureur de la République a décidé de poursuivre la procédure judiciaire jusqu’à son terme.

Hier, l’homme politique le plus controversé du pays et qui ambitionnait d’accéder à la tête de l’ex-parti unique a nié toutes les charges retenues contre lui et a soutenu devant le juge qui l’interrogeait sur les faits que son arrestation répondait à d’autres considérations. Pour lui, ses démêlés avec la justice relèvent d’une «affaire personnelle». Djemai s’est défendu d’avoir insulté le journaliste et a même soutenu le contraire. Il explique au juge que le journaliste Bououkba avait, dans un article, porté atteinte à sa dignité, il l’a insulté et humilié.

Le juge lui demande alors pourquoi il n’a pas déposé plainte contre l’auteur de l’article, Djemai réplique qu’en sa qualité de député, il était trop occupé et, de surcroît, il ne voulait pas susciter de polémique.
A l’issue de cet interrogatoire, le procureur de la République a requis une peine de 3 années de prison ferme et une amende de 500 000 DA.

Au début du procès, les avocats de Djemai étaient confiants, dès lors que le dossier était, selon eux, vide. Faut-il rappeler qu’il y a quelques mois, la défense de cet ex-élu a introduit une demande pour sa libération inconditionnelle, mais le 9 avril, la cour d’Alger, après examen du dossier en appel, a rejeté cette requête. Ce jour là, la chambre d’accusation du tribunal de Sidi M’hamed avait accepté la programmation du procès de Djemai. Mais le procureur général a fait appel. Le président de la chambre d’accusation de la cour d’Alger a donc refusé de fixer la date du procès parce que le juge a ordonné un complément d’enquête.

Avant de s’investir pleinement dans l’activité politique, Mohamed Djemai était à la tête d’une entreprise familiale qui active dans le commerce de la friperie et du montage d’appareils électroménagers.
Même si tout le monde dans les coulisses de l’APN parle des agissements de cet élu et surtout de son implication dans des affaires de fraude fiscale, Djemai n’a jamais été inquiété ni poursuivi pour cela.
En sa qualité de député, il a renoncé à son immunité parlementaire réclamée par le ministre de la Justice dès l’instant où il a reçu la convocation.