Plus de 42 000 retraités de Sonatrach réclament leurs droits

Dans une lettre ouverte adressée au président Tebboune : Des retraités de Sonatrach réclament leurs «droits spoliés»

Hocine Lamriben, El Watan, 23 septembre 2020

Plus de 42 000 retraités du groupe public Sonatrach ont appelé le président Tebboune à intervenir en leur faveur, afin de les rétablir dans leurs «droits spoliés», après plusieurs années de revendications sans résultat. «Nous avons épuisé toutes les voies légales, monsieur le Président.

Tout le monde nous écoute, mais personne ne nous entend. Nos droits en matière de retraite complémentaire (pension de retraite complémentaire – PCR), indemnité d’expérience professionnelle (IEP/IAG) et l’indemnité compensatoire de l’indemnité de zone et de condition de vie (IC-IZCV) ont été spoliés. Sommes-nous dans l’obligation de décrire aux spoliateurs les sacrifices consentis par les pionniers de Sonatrach, afin de permettre à notre nation de se développer ? Nous avons usé de tous les moyens humains légaux afin de trouver une oreille attentive à nos doléances», écrivent-ils dans une longue lettre ouverte adressée au chef de l’Etat. Et d’ajouter : «Hélas, monsieur le Président, les seules réponses données à notre inquiétude, à notre désolation, à notre impuissance et nos maladies, ce sont le mépris, le dédain et l’injustice.

Lorsque l’on prend la peine de les écouter, les retraités ne demandent pas l’impossible, ils veulent tout simplement que leurs droits spoliés leur soient rendus, comme décrits dans les lois, les conventions et selon la législation en vigueur.» Ils considèrent qu’il «serait temps en effet que le bon sens corrige enfin les maladresses et les erreurs des gestionnaires, qui ne connaissent de Sonatrach que les gloires et les richesses qu’ils amassent. Tout cela parce que les retraites ne sont pas des agitateurs sociaux, n’ont-ils pas rempli comme il se doit leur mission envers leur employeur ?»

Dans leur plateforme de revendications, ils exigent une revalorisation de la pension complémentaire de retraite (PCR) réduite «illégalement» de 20% à 12,50%, qui s’est traduite par une diminution drastique de 40% de leurs pensions, l’indemnité d’expérience professionnelle (IEP) pour tous les retraités sortis après 2009 et l’indemnité compensatoire (IC) pour tous ceux ayant exercé dans les base de vie au Sud, régime «célibataire».

Ils rappellent que des décisions de justice plaident en leur faveur. Outre le redressement du taux PCR à 20% au lieu du taux actuel de 12,50%, les retraités de Sonatrach revendiquent le paiement des rappels de tous les retraités depuis 2003, a affirmé Boussadi El Malik, représentant des retraités libres du groupe Sonatrach.

Ils interpellent aussi le ministre en charge de la Sécurité sociale, tutelle des mutuelles, pour demander à la Mutuelle des industries du pétrole d’assumer ses missions en direction de ses adhérents, et demander à saisir l’inspection générale des finances afin de mener une enquête sur la gestion de la MIP, selon lui. «Nos requêtes transmises à qui de droit sont restées sans suite pour la simple raison que personne parmi les inspecteurs principaux du travail, les gestionnaires des institutions, ni les directeurs, ni les magistrats, ni même les procureurs rencontrés n’ont eu le réflexe de prendre les mesures qui s’imposaient», insistent les retraités dans la lettre envoyée au président Tebboune.

Les retraités, dont une partie ont atteint un âge avancé, malades, handicapés et d’autres sont décédés sans avoir obtenu leur dû, affirment avoir observé une quarantaine de sit-in, sans résultat.