Pacte de l’alternative démocratique : Journée de mobilisation le 10 octobre prochain

Nabila Amir, El Watan, 23 septembre 2020

Les Forces de l’Alternative démocratique n’ont pas ménagé le pouvoir. A l’issue de leur réunion de ce lundi, ils ont dressé un constat des plus négatifs de la démarche des autorités.

Pour eux, le pouvoir en place n’a rien entrepris pour assurer aux Algériens les conditions nécessaires pour la rentrée sociale. «La dégradation effroyable de la situation socioéconomique du pays, conséquemment aux décisions de confinement et d’arrêt de plusieurs activités, a débouché sur une situation qui risque de provoquer un effondrement de l’économie avec des conséquences incommensurables», ont-ils averti.

Ils ont réaffirmé leur rejet du projet de révision de la Constitution, et décident d’appeler à l’organisation d’une journée de mobilisation unitaire pour la défense des libertés démocratiques le 10 octobre. Abordant le projet de révision de la Constitution les forces du PAD réaffirment «leur position de principe de rejet de cette démarche dont le but principal est le sauvetage d’un système rejeté par les Algériens qui n’ont cessé de réclamer son départ par millions plus d’une année durant», ont-ils affirmé dans un communiqué rendu public.

Conscient de sa fragilité extrême et de son illégitimité, le pouvoir en place, dénonce le PAD, est sur le point de contrôler quasiment tous les médias qu’il veut transformer en vulgaires organes de propagande pour le «oui» au référendum plébiscite du 1er novembre prochain. Ce front a souligné que «la nature antidémocratique du régime est non seulement préservée, mais elle a aggravée le pouvoir personnel comme jamais auparavant».

Pour le PAD, le projet d’amendement de la Constitution donne, comme de par le passé, les pleins pouvoirs au chef de l’Etat, ce qui est un fait grave. «C’est au mépris du principe démocratique de séparation et de l’équilibre des pouvoirs, que la révision constitutionnelle octroie et concentre tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme, le président de la République», fustige le PAD, qui s’interroge en outre sur «la signification du changement radical de la doctrine de défense nationale, introduite par la constitutionnalisation de la participation de l’Armée nationale populaire aux guerres à l’extérieur des frontières du pays» .

De l’avis de ces forces, «la Constitution ne peut être légitime que si elle est l’émanation du peuple qui débat et choisit librement de son contenu et de la forme des institutions qu’il souhaite mettre en place pour satisfaire toutes ses aspirations dans le domaine politique, économique, social, culturel». Par ailleurs, les forces du PAD ont appelé à ce que cesse « immédiatement la politique de répression tous azimuts qui frappe la jeunesse, les travailleurs, les journalistes», exigeant «le respect effectif des libertés démocratiques, dont les libertés syndicales bafouées tous les jours avec le silence complice des autorités».