Tebboune s’exprime de nouveau sur l’affaire Drareni

Riyad Hamadi, TSA, 21 Septembre 2020

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune s’est de nouveau exprimé sur l’affaire du journaliste incarcéré Khaled Drareni, en affirmant que la liberté de la presse était « garantie » en Algérie.

Pour le président algérien, Khaled Drareni est « impliquée dans une affaire n’ayant aucune relation avec la presse ». Il a indiqué qu’il n’existe aucun document prouvant sa relation avec la chaîne de télévision qu’il prétend travailler avec. Il a rappelé les déclarations du ministère de la Communication sur cette affaire. Le 13 août, son département avait déclaré que Khaled Drareni « n’a jamais été détenteur de la carte de presse professionnelle prévue par l’article76 de la loi organique 12-05 relative à l’information du 12 janvier 2012. »

Début mai, alors que Drareni n’était pas encore jugé, le président Tebboune avait traité le journaliste de « khabardji » (informateur). Il a cité le cas d’ « un journaliste qui a été interrogé, pour ensuite aller dans une ambassade pour leur donner un point sur la situation ».

« Il a donné les noms des personnes qui l’ont interrogé. Vous n’êtes pas loin de l’informateur. C’est de notre droit de défendre notre souveraineté », avait déclaré Tebboune.

Outre l’affaire Drareni, le président de la République a répondu aux critiques sur la détérioration de la liberté d’expression en Algérie. Il a affirmé que celle-ci était « garantie » et qu’aucune restriction n’y est imposée, mais qu’il y a des « limites ».

« J’ai déjà évoqué le sujet de la liberté d’expression en Algérie et je me suis interrogé s’il existait un pays, de par le monde, à l’image de l’Algérie qui compte 180 quotidiens et près de 8.500 journalistes, outre le soutien de l’Etat au papier d’impression et la publicité dont bénéficient ces journaux pour se retrouver, à la fin, avec des articles truffés d’injures et d’atteintes à la sécurité publique », a-t-il soutenu.

Pour Tebboune, la liberté d’expression est consacrée « mais s’il existe une restriction, elle est imposée aux injures ». « Aucune personne n’est incarcérée (en Algérie) pour un article qu’elle a rédigé », a assuré le président de la République. « Nous interdisons les injures et les atteintes aux affaires relevant de la sécurité de l’Etat », a-t-il insisté.

Le président Tebboune a également évoqué les rapports des ONG de défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse sur l’Algérie, en affirmant qu’ils « n’impactent pas notre politique ». Pour lui, le changement en Algérie « ne plait pas à ces organisations qui ne veulent pas de démocratie pour le peuple algérien et le considèrent comme un peuple de seconde zone ».

Poursuivant, M. Tebboune a affirmé que l’Algérie était « ciblée » par des parties qui « tentent de saper sa stabilité ». « Les Etats ne nous attaquent pas frontalement mais chargent des organisations non gouvernementales de cette mission », a-t-il encore expliqué.

Tout en affichant son « respect » pour Amnesty International qu’il juge « crédible », il a renouvelé ses attaques contre Reporters sans frontières (RSF), en rappelant que cette ONG avait été dirigée par le « fils de colon » et qui tente à chaque fois de donner des leçons aux Algériens.