Le projet de révision de la constitution approuvé par le parlement : La campagne de communication en prévision du référendum lancée

Nabila Amir, El Watan, 13 septembre 2020

Moins d’une semaine après avoir été validée en Conseil des ministres, la version finale du projet de révision de la Constitution a franchi hier, officiellement, sa dernière étape avant d’être soumis au suffrage populaire du 1er novembre prochain.

Le pouvoir a accéléré la cadence et a justifié cela par la «contraintes du temps». Après l’annonce de la date du référendum, il est impératif que ce projet de révision de la Constitution soit approuvé par le Parlement avant la convocation du corps électoral qui devra intervenir mardi prochain. Donc en l’espace d’un week-end, le pouvoir a fait adopter par les deux Chambres du Parlement la mouture définitive du projet de révision de la Constitution.

La ligne droite, de cette première étape a été franchie, hier, avec l’adoption de ce texte par les membres du Conseil de la nation. A l’unanimité, emboîtant ainsi le pas aux députés, les sénateurs ont dit  «oui» à ce document lors d’une plénière boycottée, comme à l’Assemblée, par les élus de l’opposition. Sans le débattre, 127 voix sur les 128 sénateurs présents ont voté en faveur de ce projet, une abstention et zéro vote contre. Ce document a reçu sans difficulté aucune l’approbation des parlementaires : députés et sénateurs.

Avant ce vote, et devant une plénière totalement acquise, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, le président par intérim de cette institution, Salah Goudjil, puis le porte-parole de la commission des Affaires juridiques se sont succédé à la tribune pour une présentation des grandes lignes de ce texte, en le situant dans la continuité de la construction de l’Algérie, dont le fondement principal, disent-ils, est la Déclaration du 1er Novembre 1954. M. Djerad a résumé, en quelques minutes, le contenu de ce que sera la nouvelle Loi fondamentale du pays.

Ce projet, note-t-il «consacre l’attachement de l’Algérie à son appartenance civilisationnelle islamique, arabe et amazighe, ainsi qu’à son histoire, patrimoine et acquis édifiés à travers les siècles». «Une Constitution qui sera, assure-t-il, un nouveau départ pour l’édification d’un Etat moderne au service du citoyen, un Etat qui puise sa force dans la volonté du peuple.» De son côté et contre tout attente, Salah Goudjil a appelé les partis politiques à renoncer à leurs programmes et leurs idéologies et verser ainsi dans l’unanimisme, et ce, jusqu’à «la construction de l’Algérie nouvelle» !

Pour Goudjil, une fois adoptée, cette nouvelle Loi fondamentale du pays ne sera pas «conjoncturelle» mais une Constitution destinée «aux générations», pour que l’Etat demeure «toujours debout». Goudjil, à l’instar de tous ceux qui font la promotion de ce projet, a dit que la période qui suivra le vote de ce texte de loi sera consacrée à la sensibilisation des citoyens à travers des discussions «formelles», concernant le rôle de l’Etat ainsi que le concept de la Constitution qui constitue, estime-t-il, le fondement de l’Etat pour édifier «la nouvelle République».

Pour sa part, le porte-parole de la commission des Affaires juridiques a loué les mérites de ce projet et a conclu son intervention en lançant à son tour un appel aux sénateurs et au peuple algérien à voter pour un texte qui, selon lui, «ouvrira de nouvelles perspectives au pays».

Par ailleurs, après le quitus des parlementaires, le gouvernement entamera la deuxième opération de sensibilisation et de communication en direction de la population. Celle-ci commencera le 16 septembre, au lendemain de la convocation officielle du corps électoral.