Projet de révision de la constitution : Le quitus des parlementaires de la majorité !

Nabila Amir, El Watan, 12 septembre 2020

Sans surprise, les députés ont approuvé, jeudi, haut la main, le projet de révision de la Constitution. Les sénateurs, qui se penchent aujourd’hui sur le document, vont, incontestablement, leur emboîter le pas.

Ainsi, par ce plébiscite, le nouveau projet de révision de la Constitution aura le quitus du Parlement dans ses deux Chambres en prévision du référendum prévu le 1er novembre prochain. Jeudi, devant les élus de la chambre basse du parlement, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a présenté les grandes lignes de ce texte que les députés de l’opposition, notamment le RCD, le MSP et El Adala, ont refusé de cautionner en boycottant carrément la plénière. «Nous refusons de prendre part à une séance dénuée de débat et où le député n’aura pas le droit ni de donner son avis ni de proposer des amendements à un texte dont le contenu est loin de répondre à nos aspirations.

Un projet bourré de contradictions», dénoncent les élus du MSP et El Adala. A cette séance de vote, 256 députés étaient présents. Une seule abstention alors que la majorité (FLN- RND) et leurs anciens alliés ont dit oui à ce projet de révision.

Dans son intervention, le Premier ministre a qualifié «d’historique» le vote des députés, précisant que la Constitution n’est pas une fin en soi, mais plutôt un tournant décisif dans le processus d’édification de l’Etat algérien. Le texte soumis au vote des parlementaires constitue, selon M. Djerad, une rupture totale avec les pratiques du passé tant en termes d’élaboration que de contenu et instaure «une véritable séparation des pouvoirs», «renforce les prérogatives du contrôle parlementaire et l’harmonie entre les pouvoirs», protège «les droits et libertés du citoyens», et concrétise les engagements du président de la République «pour l’édification d’une nouvelle République».

Le chef de l’Exécutif affirme que ce projet vient en réponse «aux aspirations du peuple à édifier un Etat de droit qui mettra l’Algérie à l’abri des dérives autoritaires et despotiques qu’elle a connues». Le Premier ministre a rappelé la sortie le 22 février 2019 du peuple dans la rue dans un élan «pacifique authentique», un peuple ayant fait preuve «de conscience et de responsabilité» devant l’histoire et la préservation du serment «des chouhada».

Abordant la question du référendum M. Djerad estime que le 1er novembre sera «un deuxième jalon historique témoignant de la volonté de notre peuple de relever tous les défis et de faire face à toutes les difficultés pour se libérer de toutes les contraintes et édifier un Etat démocratique et social fidèle aux principes de la Déclaration de Novembre, un Etat dans lequel tous ses enfants participent à son édification, sans exclusion, ni distinction aucune…».

De leur côté, les deux présidents des deux Chambres ont appelé les Algériens à voter pour ce projet. Slimane Chenine, président de l’APN, a soutenu que «la nouvelle Constitution permettra un nouveau départ politique, économique, voire civilisationnel dans une Algérie où la pluralité doit être non pas une entrave, mais une chance et une opportunité pour le développement du pays». Salah Goudjil, qui assure toujours l’intérim du Conseil de la nation, pense qu’un fois adoptée, cette nouvelle Loi fondamentale du pays ne sera pas «conjoncturelle», mais une Constitution destinée «aux générations», pour que l’Etat demeure «toujours debout».

 

Convocation du corps électoral le 15 septembre

En marge de la séance plénière consacrée au vote du projet de révision de la Constitution, le ministre de la Communication, Amar Belhimer, a évoqué l’ouverture d’un «large» débat sur le document en question à partir du 16 septembre prochain. «Un large débat sera ouvert avec la société civile, les associations, les personnalités, les experts, les partis agréés et toutes les franges de la société algérienne pour les associer au processus référendaire», a-t-il indiqué, précisant que tous les médias écrits et audiovisuels seront mobilisés pour cette opération. Selon nos sources, la convocation du corps électoral interviendra le 15 septembre en cours.