Tendance baissière du nombre de cas de la Covid-19 : L’infection prend une nouvelle forme selon le Dr Derrar

Djamila Kourta, El Watan, 07 septembre 2020

La tendance baissière de l’épidémie de Covid-19 semble se maintenir, puisque le nombre de cas diminue de jour en jour. Mais le virus reste tout de même actif dans certaines wilayas du pays qui cumulent le nombre total de cas positifs en 24 h.

Le total des cas confirmés s’élève ainsi à 45 773, dont 304 nouveaux cas, soit 0,7 cas pour 100 000 habitants au 6 septembre, celui des décès à 1539 cas, alors que le nombre des patients guéris est passé à 32 259, a précisé le Dr Fourar, lors du point de presse quotidien consacré à l’évolution de la pandémie de la Covid-19.

Une moyenne de 300 cas est enregistrée quotidiennement avec une diminution progressive du nombre d’’infection durant le mois d’août, à l’exception de 5 wilayas du centre qui ont enregistré une augmentation à la dernière semaine du même mois.

Dans ces wilayas, à savoir Blida, Tizi Ouzou, Alger, Boumerdès et Tipasa, le virus est toujours actif avec des tendances variables aux taux d’incidence à trois chiffres, outre Tipasa qui «a présenté une augmentation faible des nouvelles déclarations de cas de Covid-19», selon le dernier bulletin épidémiologique de l’insp du 31 août dernier qui a analysé la situation épidémique de quatre wilayas restantes. «Les quatre wilayas étudiées représentent 47,8% de l’ensemble de la population de la région Centre et totalisent 57,5% des cas cumulés de la région», précise-t-on.

Et de signaler que la wilaya de Tizi Ouzou enregistre une hausse importante du nombre hebdomadaire de nouveaux cas, il est multiplié par un facteur de «5,5», passant de 35 à 194 entre la semaine du 18 au 24 août et la semaine du 25 au 31 août. A cette date, les taux d’incidence sont par ordre décroissant de 252,51 – 127,58 – 77,15 et de 64,78 cas pour 100 000 habitants respectivement à Blida, Alger, Boumerdès et à Tizi Ouzou.

Des foyers d’infection persistent ainsi donc dans la région centre du pays et l’équipe de l’INSP le confirme dans ce dernier bulletin. «On observe une augmentation du nombre hebdomadaire de nouveaux cas PCR positive pour les quatre wilayas qui est également notée pour les cas TDM scanners d’Alger et de Tizi Ouzou.

On peut également souligner que les derniers quinze jours d’août sont très similaires aux derniers quinze jours du mois de juillet, en termes de notifications des nouveaux cas PCR positive. Durant ces deux périodes, on enregistre un nombre de cas pratiquement identique PCR positive», notent les spécialistes de l’INSP.

Concernant les hospitalisations, les auteurs de cette étude signalent que cela ne semble pas avoir connu les mêmes variations. On note une tendance générale à la baisse. Ces observations peuvent être en rapport avec différents événement survenus durant le mois d’août : en premier les fêtes de l’Aïd El Adha (29 et 30 juillet), en second, la réouverture des commerces, des plages et de certaines mosquées (15 août). Le virus circule toujours, on doit donc redoubler d’efforts concernant les mesures de distanciation et d’hygiène, d’autant que les écoles reprennent ainsi qu’un certain nombre d’autres activités impliquant des regroupements et/ou des contacts humains», préconisent-ils.

Des recommandations réitérées également par le Dr Fawzi Derrar, directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie, qui appelle à la vigilance malgré les signes positifs observés dans les urgences et les services de réanimation. Est-ce que cette tendance baissière s’explique par la non utilisation systématique de test PCR ? Le directeur de l’Institut Pasteur d’Algérie refute cette hypothèse et signale que «l’Institut Pasteur à lui seul a effectué 200 000 RT/PCR seulement la semaine dernière».

Et d’ajouter : «Le dépistage massif à travers le test PCR pour procéder au confinement n’est plus recommandé, puisque des études montrent que les cas positifs à faible charge virale ne sont pas contagieux. D’ailleurs, la réflexion pour déterminer et fixer le taux seuil pour ne pas confiner les cas positif est engagée au sein des comités OMS», a-t-il expliqué. Et de signaler qu’au vu de toutes les études publiées depuis le début de l’épidémie à ce jour et les observations des scientifiques, «ce virus est moins dangereux qu’on ne le pensait au début de la pandémie, d’autant que beaucoup de cas sont asymptomatiques et d’autres moins graves» et la pathologie semble «se diriger vers une infection type grippe à un degré sévère et fatal pour les personnes à risque.

Aux Etats-Unis, on voit plus de cas de Covid-19 chez les enfants», déclare le Dr Derrar. Le risque d’une deuxième vague avec des cas sévères comme cela a été observé au début de la pandémie est, selon lui, faible, mais il prône les mesures de précaution, notamment la distanciation physique, le port du masque tout en adoptant l’idée de vivre avec le virus et la maladie : «Il faut savoir que le virus n’ a pas disparu, puisque nous continuons à enregistrer des cas chez nous après le déconfinement et ailleurs dans le monde, notamment en Europe qui enregistre un rebond.

Cette maladie semble avoir un fond endémique qui peut se déployer et repartir en épidémie dès que les circonstances s’y prêtent. C’est pourquoi nous appelons à plus de vigilance et nous insistons sur le respect des mesures barrières, notamment éviter les rassemblements prolongés dans les espaces clos», a-t-il signalé.

A la question relative au fait que le virus Sars Cov-2 serait moins virulent, le Dr Derrar répond par l’affirmative et souligne que «l’évolution générale de l’épidémie dans le monde montre que la maladie se présente sous forme bénigne. Malgré l’explosion du nombre de cas en Europe, le nombre de décès reste stable, ainsi le taux de mortalité tend à la baisse.

Chez nous, nous enregistrons une baisse du nombre de cas d’hospitalisation et en réanimation, voire des services Covid vides dans certaines du pays», a t-il ajouté. De nouvelle stratégies seront donc adoptées par les pays afin de faire face à cette épidémie qui a montré et manifesté diverses faces. L’arrivée de l’automne avec l’épidémie de la grippe saisonnière est tout de même inquiétante.