L’État déclare la guerre aux gangs des quartiers

Prohibition des armes blanches, durcissement des peines

Kamel Amarni, Le Soir d’Algérie, 31 août 2020

L’État s’est enfin décidé à se pencher sur ce fléau, ce terrorisme d’un genre nouveau, qu’est ce phénomène des gangs des quartiers qui s’installe allègrement, depuis des années, dans plusieurs centres urbains du pays. Hier dimanche, le Président Tebboune a consacré, en effet, une bonne partie des travaux du Conseil des ministres à cette question, enjoignant au gouvernement de réprimer, avec toute la rigueur requise, cette dangereuse forme de criminalité.
Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – Tebboune a ainsi ordonné à l’exécutif d’intensifier « la lutte contre la propagation du phénomène de l’activité criminelle des gangs de quartiers qui ont connu un développement ces dernières années, en particulier dans les grandes villes en raison de la faiblesse de l’autorité de l’État, ce qui nécessite une augmentation des mesures de dissuasion légale pour protéger les citoyens et leurs biens de ces gangs criminels ».
Le chef de l’État affirmera, à ce propos, que ces mêmes gangs sont alimentés par l’argent sale et le trafic de drogue. Plus concrètement, il énumèrera une série de mesures à prendre, sans délai, pour venir à bout de ces gangs et du phénomène en général. Ainsi, est-il décidé une prohibition totale des armes blanches, sous toutes leurs formes, généralement utilisées par ces groupes de la terreur.
C’est expressément précisé dans le communiqué du Conseil des ministres : « Interdiction d’importer, vendre, acquérir, utiliser ou fabriquer des armes blanches à l’image des épées et des poignards afin d’en fournir aux gangs de quartiers».
Il s’agit là, en effet, de l’arsenal de guerre privilégié des bandits de quartiers, avec lequel ils sèment la terreur au niveau des cités, notamment les nouvelles villes à forte concentration démographique, où ces délinquants font souvent la loi ! Un phénomène aggravé par deux facteurs, ces dernières années : l’étrange et forte disponibilité de la drogue, sous toutes ses formes, les plus dangereuses surtout et, sous Bouteflika, les fréquentes et massives mesures de grâce présidentielle, quasi exclusivement réservées à cette catégorie d’individus ! D’où l’importance de cette mesure ordonnée par Tebboune et qui consiste à exclure cette catégorie de criminels de toute mesure de grâce à l’avenir. De même que cette autre mesure tout aussi dissuasive portant durcissement des sanctions et peines d’emprisonnement concernant ces individus qui, désormais, encourent de 5 ans de prison jusqu’à la perpétuité et pas moins de 2 millions de DA d’amende.
Par ailleurs, l’État devrait désormais se donner les moyens de sa politique en la matière, avec, en particulier, un dispositif juridique appelé à offrir une meilleure protection aux éléments des services de sécurité faisant face à ce phénomène.
Devant l’inacceptable faiblesse de l’État ces dernières années, il était souvent difficile à des éléments des services de sécurité d’agir contre ces gangs, sans encourir des risques de représailles, tant de la part de ces bandes ou, comble des paradoxes, de la loi ou de l’État ! Autrement dit, il était donc vraiment temps que « la peur change de camp » !
K. A.