Exportations hors hydrocarbures : 5 milliards de dollars escomptés en 2022

Zhor Hadjam, El Watan, 19 août 2020

Abdelmadjid Tebboune a souligné, qu’à partir de 2022, la dépendance aux hydrocarbures devra être réduite à au moins 80%, estimant que la dépendance quasi totale de l’économie nationale à la rente pétrolière «est fatale pour l’intelligence et l’esprit d’initiative».

Alors que les exportations algériennes globales sont dominées à 93% par les hydrocarbures, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a mis l’accent, hier, sur l’impératif d’augmenter les exportations hors hydrocarbures à 5 milliards de dollars au moins, d’ici fin 2022, contre 2 milliards de dollars actuellement.

S’exprimant lors de l’ouverture de la conférence nationale sur le plan de relance pour une nouvelle économie, Abdelmadjid Tebboune a souligné qu’à partir de 2022, la dépendance aux hydrocarbures devra être réduite à au moins 80%, estimant que la dépendance quasi totale de l’économie nationale à la rente pétrolière «est fatale pour l’intelligence et l’esprit d’initiative».

Pour le président de la République, l’objectif tracé est tout à fait réalisable grâce aux différents mécanismes et actions qui seront entrepris en vue d’encourager les opérateurs à réaliser des opérations d’exportation.

Il estimera que les couloirs verts et autres encouragements aux exportateurs permettront rapidement de réaliser les objectifs tracés, notamment concernant certains secteurs dont la production est excédentaire. Il insistera notamment sur la prospection du marché africain, estimant aberrant l’absence de banques algériennes sur le continent pour, notamment, faciliter et accompagner les investisseurs.

Il est à rappeler que le ministre du Commerce, Kamel Rezig, avait affirmé il y a quelques mois que l’augmentation des exportations hors hydrocarbures était l’un des défis majeurs du quinquennat en cours, d’où la mise en place d’un ensemble de mécanismes visant leur promotion.

Il avait ainsi annoncé la relance du Conseil national pour la promotion des exportations hors hydrocarbures et le renforcement de la participation aux foires internationales, ainsi que le parachèvement des mesures d’adhésion à la zone de libre-échange continentale africaine (Zeclaf).

Des facilitations déjà ébauchées ces dernières années sans que cela ait réellement changé la réalité sur le terrain. En effet, de nombreux obstacles continuent à se dresser face aux exportateurs algériens. Ils ont été maintes fois dénoncés ces dernières années par les principaux concernés, notamment sous l’égide de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal).

Parmi les revendications, figurent notamment l’allégement et la facilitation des procédures douanières ; la réduction des délais de contrôle de certaines marchandises et la mise en place d’un numéro vert au service des exportateurs ; la possibilité d’accorder à l’exportateur un statut particulier.

Il a également été souvent question de revoir certaines dispositions de la réglementation des changes, notamment celles relatives à la dépénalisation de l’acte d’exportation, le prolongement du délai de rapatriement, la levée de la confusion entre l’investissement à l’étranger et le bureau de représentation de l’entreprise et l’ouverture des filiales de banques algériennes à l’étranger.

Les exportateurs de produits frais ont également souvent revendiqué un traitement spécifique à travers un «couloir vert» au niveau des aéroports et l’annulation du passage automatique par le scanner, la création de plateformes logistiques et de zones offshore, notamment à Tamanrasset, pour l’exportation vers les pays subsahariens et l’ouverture de lignes maritimes et aériennes vers les pays où il existe de réelles opportunités à l’export.

Des doléances qui sont restées, pour la plupart, sans réponse concrète, malgré les promesses du département du Commerce. De ce fait, les exportations hors hydrocarbures sont restées marginales, en dépit de que quelques «success stories», qui malheureusement ne peuvent contribuer à elles seules à relever significativement le volume et les recettes à l’export hors hydrocarbures.

A titre d’exemple, durant le 1er trimestre 2020, les hydrocarbures ont représenté l’essentiel des exportations algériennes, avec 92,40% du volume global, en s’établissant à près de 7,04 milliards de dollars, selon la Direction générale des Douanes (DGD).

Les exportations hors hydrocarbures sont restées marginales, avec 578,7 millions de dollars, ce qui représente 7,60% du volume global des exportations.

Ces exportations étaient composées des demi-produits avec 433,57 millions de dollars, des biens alimentaires avec 111,48 millions de dollars, des biens d’équipement industriel avec 11,19 millions de dollars.

Elles étaient composées aussi de produits bruts avec 15,28 millions de dollars et de biens de consommation non alimentaire avec 7,16 millions de dollars.

En 2019, la balance commerciale de l’Algérie avait connu un déficit de 6,11 milliards de dollars, contre 4,47 milliards de dollars en 2018, selon les données consolidées des Douanes.