Khalida Toumi reste en prison

Ses avocats dénoncent le non-respect flagrant de la loi

Nabila Amir, El Watan, 06 août 2020

Khalida Toumi, ex-ministre de la Culture, restera en prison. La chambre d’accusation près la Cour suprême a confirmé, hier, la décision du conseiller enquêteur qui avait rejeté la demande de mise en liberté provisoire introduite par la défense.

Il s’agit du second refus du même genre depuis son incarcération. Boudjemâa Ghechir, avocat de Khalida Toumi, est déçu et dénonce le non-respect de la loi et du code de procédure pénale.

Il compte, dans un ultime recours, saisir le président de la République qui est, note-t-il, le garant des libertés, du respect de la loi, de la Constitution et des règles de l’Etat de droit. «J’étais presque sûr que la chambre d’accusation auprès de la Cour suprême allait répondre favorablement à notre requête, car il s’agit ni plus ni moins que du respect de la loi.

Le refus d’accorder la liberté provisoire à Khalida Toumi est un non-respect flagrant de la loi», déplore Me Ghechir. S’appuyant sur l’article 125 du code de procédure pénale, qui stipule que la détention provisoire ne peut excéder quatre mois en matière délictuelle, maître Ghechir rappelle que Khalida Toumi a été arrêtée pour un délit de gestion et non pour un crime lié à la corruption ou passation de marché ou alors enrichissement illicite.

«La loi est claire à ce sujet : lorsqu’il s’agit d’un délit et non d’un crime, le juge n’a pas le droit de renouveler plus d’une fois la détention provisoire. Légalement, Khalida devait retrouver sa liberté provisoire le 4 juillet dernier», tranche Me Ghechir, précisant que la détention provisoire est renouvelée une fois tous les quatre mois, selon les textes de loi.

«Lorsqu’il s’avère nécessaire de maintenir l’inculpé en détention, le juge d’instruction peut, après avis motivé du procureur de la République, prolonger par ordonnance motivée la détention provisoire une seule fois pour 4 autre mois.»

Maître Ghechir demande seulement le respect de la loi et récuse dans le fond et la forme les motifs de refus de liberté provisoire avancés par la chambre d’accusation à l’encontre de Khalida Toumi.

Selon le juge, la prévenue doit rester en prison jusqu’à la fin de l’enquête, car l’affaire revêt un caractère important. Pour ses avocats, l’ancienne ministre de la Culture présente toutes les garanties pour être en liberté provisoire et rester à la disposition de la justice. Selon eux, il n’y a aucune raison valable qui justifie son maintien en détention provisoire.

«Cette détention provisoire devient de fait une condamnation provisoire, puisqu’elle est privée de liberté. Khalida Toumi n’a jamais envisagé de fuir la justice et son passeport est confisqué. Elle a toujours répondu présente, et n’a rien à se reprocher», note Me Ghechir.

Kahlida Toumi est poursuivie sur les dossiers d’organisation de deux grandes manifestations culturelles : «Alger, capitale de la culture arabe» et «Tlemcen, capitale de la culture islamique».