Détournement au CPA de Bouira : Des peines de 4 et 8 ans de prison ferme

Amar Fedjkhi, El Watan, 05 août 2020

Le tribunal de première instance de Bouira a rendu avant-hier son verdict dans l’affaire de détournement de fonds au Crédit populaire algérien (CPA).

Des cadres de l’agence bancaire du chef-lieu de wilaya ont été reconnus coupables de «détournement et vol de fonds publics». En effet, le parquet a requis une peine de 8 ans de prison ferme à l’encontre de l’ancien responsable de la banque, T. S., et de son chef de caisse, K. S., a-t-on appris de source judiciaire.

L’ancien directeur du CPA, K. S., a écopé également d’une peine de 4 ans de prison ferme. Le même tribunal a condamné le dénommé B. N., spécialisé dans la vente de batteries automobile, à une peine de 8 ans de prison ferme. La préposée au change des devises, S. A., a écopé d’une peine de 4 de prison ferme.

Le tribunal de Bouira a ordonné, par ailleurs, la confiscation de tous les biens des accusés. Plusieurs autres personnes, pour la plupart des commerçants mis en cause dans cette affaire de détournements de fonds publics, ont été condamnées par défaut à des peines allant de 2 à 8 ans de prison ferme, a précisé la même source. Le représentant du ministère public avait requis une peine de 10 ans de prison ferme à l’encontre des principaux prévenus.

Les faits remontent au mois de mai de l’année 2019, lorsque les services de sécurité ont été destinataires de plaintes émanant de près d’une centaine de détenteurs de comptes en dinars et en devises révélant des malversations opérées sur leurs comptes respectifs.

Les montants, objets de détournement, ne sont pas des moindres, ont précisé des sources proches du dossier. L’expertise établie sur la demande du parquet a fait état d’un trou dépassant les 64 milliards de centimes, a précisé l’avocat de l’un des mis en cause.

Pour rappel, le procès s’est déroulé à «huis clos» et sans la présence de la presse locale, dont El Watan, interdit d’accès à la salle d’audience.