Alors que 15 imams sont morts du coronavirus: L’ouverture des mosquées pas à l’ordre du jour

Z. Mehdaoui, Le Quotidien d’Oran, 29 juillet 2020

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef  Belmehdi, a écarté, hier, l’éventualité de la réouverture des mosquées à cause de la pandémie du coronavirus qui continue de sévir dans notre pays. Le ministre qui s’exprimait sur les ondes de la chaîne 1 de la radio nationale, a révélé également que 15 imams sont décédés du Covid-19 alors que 166 autres sont atteints du virus.

Youcef Belmehdi qui ne précise pas dans quelles circonstances ont été contaminés ces imams (les mosquées sont fermées aux fidèles depuis plusieurs mois), dira que son département est en train de réfléchir pour mettre en point des mécanismes pour la réouverture des lieux de culte en concertation avec le comité scientifique et de suivi de la pandémie mais surtout en fonction de l’évolution de la crise sanitaire. « De nombreux imams ont demandé la réouverture des mosquées », a déclaré le ministre qui souligne néanmoins que l’augmentation des cas positifs ces derniers temps doit inciter à réfléchir avant de prendre une telle décision.

Il y a lieu de rappeler que le Conseil national autonome des imams et des fonctionnaires du secteur des Affaires religieuses avait déjà appelé, il y a quelques semaines, à la réouverture progressive de l’ensemble des mosquées à travers le territoire national tout en estimant que cette mesure est « nécessaire » en raison de l’assouplissement des mesures de prévention sanitaire.

Le syndicat des imams soutient que la réouverture progressive des lieux de prières est une revendication « légitime » et « raisonnable » tout en rappelant que les mosquées dans de nombreux pays musulmans ont été rouvertes aux fidèles.

Le Conseil autonome des imams avait précisé toutefois que le déconfinement des mosquées doit être mené avec prudence et devra être accompagné de mesures de prévention sanitaire et de distanciation sociale. Le Conseil des imams préconise ainsi un protocole de mesures préventives qui devront être respectées par les fidèles pour réduire les risques de contamination. Il est ainsi recommandé le maintien de la fermeture des salles d’ablutions et des salles de prières des femmes.

Les fidèles doivent porter des masques de protection, apporter leurs tapis de prière et leurs corans à la mosquée. La distanciation physique entre les fidèles devra aussi être respectée. Les fidèles ne seront pas autorisés à se rassembler et à se saluer par la main. Pour les grandes mosquées qui disposent de cours, les prières devront être effectuées dans des espaces ouverts, alors que pour les petites mosquées, les fidèles sont tenus d’apporter leurs tapis de prière.

Par ailleurs, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs a fait savoir que la décision d’autoriser l’abattage du mouton à l’occasion de l’Aïd El Adha a été prise à la suite de la « concordance de vue » entre le comité des fetwas et le comité scientifique et de suivi de la pandémie. « Le rituel doit être fait selon des mesures de précaution rigoureuses dans le processus d’abattage, telles que l’espacement et les conditions d’hygiène », a déclaré M Belmehdi qui rappelle également que la prière d’El Aïd doit se faire au domicile.

Enfin évoquant le pèlerinage, le ministre a assuré que les personnes inscrites cette année pourront effectuer le Hadj l’an prochain.