Covid-19 : Des dirigeants de partis et des fonctionnaires contaminés

Nabila Amir, El Watan, 26 juillet 2020

La pandémie du coronavirus s’est fortement répandue, ces dernières semaines, à tous les niveaux. Nombreux sont les cadres et les fonctionnaires de différentes institutions qui ont été testés positifs à la Covid-19.

Beaucoup de cas ont été détectés au sein des administrations locales, de wilaya, dans les départements ministériels, mais aussi dans les entreprises économiques publiques, telles que Sonelgaz, Algérie Télécom, Algérie Poste…

La classe politique est aussi touchée par cette épidémie. Plusieurs parlementaires, actuellement en congé, sont testés positifs au coronavirus. Certains sont confinés chez eux alors que d’autres ont été hospitalisés pour une courte durée et leur état de santé n’est pas jugé grave. Toutefois, rares sont les personnalités politiques qui ont annoncé publiquement être testées positives à la Covid-19.

Ce vendredi, pour éviter toute spéculation et pour rassurer les Algériens que le coronavirus n’est pas un tabou, le dirigeant du Mouvement pour la société et la paix (MSP), Abderrazak Makri, a annoncé qu’il était affecté par la Covid-19. La nouvelle a été rendue publique par le bureau exécutif du parti. «Nous assurons tout le monde que son état est stable.

Le docteur Makri suit son traitement dans son lieu de confinement sanitaire. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement», est-il écrit brièvement dans le document signé par Abderrahmane Benferhat, vice-président du MSP. Aucune indication n’a été fournie sur l’hospitalisation ou pas du malade.

Agé de 60 ans, Makri a appelé récemment à l’intensification de la lutte contre la Covid-19 en apportant son soutien aux efforts menés par le gouvernement pour maîtriser la pandémie.

Contacté, le Dr Naamane, cadre du MSP, précise que Makri n’est pas hospitalisé mais en quarantaine chez lui et ne présente pas de complication. «Il suit un traitement comme tous les malades atteints du coronavirus et son état n’est pas jugé grave», rassure le Dr Naamane qui déplore, cependant, la pénurie de médicaments liés à la prévention ou au traitement contre cette épidémie. «Au sein du parti, il y a des militants qui présentent des symptômes de coronavirus.

Ils attendent les résultats des tests, mais le comble est qu’ils sont confrontés à la pénurie de médicaments les plus élémentaires prescrits par les médecins, tels que la vitamine C ou le zinc ou encore la vitamine D.» Des militants et députés d’autres formations politiques, tels que le FLN et le RND, sont également affectés par ce virus, mais ils refusent d’en témoigner.

Récemment, Lakhdar Benkhalef du parti El Binaa et d’autres élus, qui ont vu leurs pairs atteints de cette épidémie, ont lancé un appel de détresse pour éviter la propagation du coronavirus.

En dépit des équipements et des moyens adéquats acquis par l’Assemblée populaire nationale (APN) pour faire face à la Covid-19, beaucoup de parlementaires et fonctionnaires de cette institution sont contaminés. Certains sont dans un état grave, alors que d’autres sont appelés, ainsi que leurs familles, à suivre un traitement contre cette maladie chez eux.

Des députés accusent des élus des partis FLN et RND d’avoir introduit le virus à l’Assemblée après la tenue de leurs congrès ordinaires en plein confinement et en faisant fi de toutes les mesures sanitaires édictées par les autorités.

«Certains députés de ces partis politiques, qui ont assisté à ses assises, ont été dépistés positifs», affirme un député. Si le risque de contamination est élevé pour le corps médical, qui est exposé en permanence à une forte charge virale, la propagation du virus ailleurs, notamment dans les partis et les administrations de l’Etat, soulève la question du manque de sérieux dans l’application des mesures barrières.