Le sort de Rachid Nekkaz connu le 29 juillet

Son affaire sera examinée par la chambre d’accusation près la cour d’Alger

Salima Tlemcani, El Watan, 23 juillet 2020

La chambre d’accusation près la cour d’Alger a examiné, hier, l’affaire de Rachid Nekkaz, candidat à l’élection présidentielle d’avril 2019, en détention depuis le 4 décembre dernier, pour quatre chefs d’inculpation dont incitation à attroupement non armé», «incitation de la population à s’armer», «incitation à l’empêchement des élections», «atteinte à l’unité territoriale». La décision sera connue le 29 juillet prochain.

Poursuivi pour ses déclarations sur les réseaux sociaux, Rachid Nekkaz s’est retrouvé sous le coup de quatre inculpations, pour lesquelles il a été placé en détention provisoire le 4 décembre 2019.

Hier, son avocate, Me Zoubida Assoul, a plaidé devant la chambre d’accusation près la cour d’Alger contre la criminalisation des griefs par le juge d’instruction. Ce dernier avait retenu les délits d’«incitation à attroupement non armé», «atteinte à l’unité nationale», et les crimes d’«incitation de la population à s’armer et à empêcher la tenue des élections».

C’est à la suite d’un enregistrement vidéo diffusé sur les réseaux sociaux, dans lequel Rachid Nekkaz parle du gaz de schiste, des marches et des élections, à quelques jours du scrutin présidentiel du 12 décembre 2019, qu’il a été arrêté et placé sous mandat de dépôt. Lors de son audition pour la première fois dans le fond du dossier, Nekkaz avait refusé de répondre aux questions du magistrat en signe de protestation contre son incarcération, qu’il a jugée d’«arbitraire».

Il restera en prison durant près de quatre mois, avant que sa détention ne soit prolongée encore pour quatre mois. Le juge a fait ses conclusions, criminalisé l’affaire et l’a renvoyée devant la chambre d’accusation. La défense a contesté et demandé un complément d’enquête sur des questions précises, qui n’ont pas été prises en compte par le juge.

Dans sa décision, la chambre d’accusation a validé, le 12 juillet dernier, le complément d’information mais sans en préciser les points, ainsi que demandé par la défense. L’affaire est revenue hier devant la même juridiction. La défense a démonté les griefs retenus contre Nekkaz, alors que le représentant du parquet a préféré faire ses demandes, curieusement, par écrit.

Ce qui a étonné les avocats, non habitués à une telle pratique. En milieu d’après-midi, la chambre d’accusation a mis en délibéré sa décision, qui sera connue le 29 juillet. Pour Me Zoubida Assoul, «les poursuites sont purement politiques et non judiciaires. Nekkaz a été arrêté à Chlef, où il habite et où il a été auditionné par la police judiciaire.

Le tribunal de Dar El Beida n’est territorialement pas compétent. Il a fait des déclarations politiques en tant qu’homme politique. Il a dit à la population qu’elle avait le droit de défendre les richesses de ce pays si les députés venaient à les vendre ou à les céder. C’est un homme pacifique qui n’a jamais appelé à la violence.

Il a dit aux Algériens qu’ils doivent protéger leurs voix en sortant le jour du vote pour surveiller et contrôler les urnes. Il n’a jamais dit qu’il fallait recourir à la violence pour empêcher les élections ou à s’armer». L’avocate est formelle : «On a fabriqué toute une affaire pour le mettre en prison.

Le dossier est vide. Il n’y a même pas eu de perquisition chez lui, à la recherche de pièces à conviction, ni d’analyse du listing des communications de son téléphone. Comment risque-t-on d’être déféré devant un tribunal criminel uniquement pour avoir exprimé un avis politique ?» Rachid Nekkaz, faut-il le préciser, est responsable du parti non agréé, MJC (Mouvement pour la jeunesse et le changement) et se trouve actuellement à la prison de Koléa depuis plus de huit mois.