Une série de mesures pour dynamiser le secteur des finances: Comment économiser 20 milliards de dollars

Nadjia Bouaricha, El Watan, 14 juillet 2020

Le Conseil des ministres a consacré sa réunion de dimanche au plan national de relance socioéconomique. Une série de mesures a été adoptée, telle l’injection de près de 20 milliards de dollars en investissements. Récupération de l’argent de l’informel, exploitation «des fonds gelés», réduction des importations et puiser dans les réserves d’or du pays.

Le premier argentier du pays s’est voulu rassurant en annonçant que le pays est capable d’injecter 1000 milliards de dinars immédiatement pour l’investissement et la relance économique.

La réunion du Conseil des ministres, consacrée au plan national de relance socioéconomique, s’est achevée avec l’adoption d’une série de mesures à appliquer pour les courts et moyens termes.

Toute politique économique se doit de trouver les moyens financiers de sa mise en œuvre, et c’est dans ce cadre que le premier argentier du pays s’est voulu rassurant en annonçant que le pays est capable d’injecter 1000 milliards de dinars immédiatement pour l’investissement et la relance économique, en plus des 10 milliards de dollars disponibles qui viendront s’ajouter aux économies susceptibles d’être faites sur les dépenses inhérentes aux services et autres études.

«Cela viendra en appui aux mesures visant l’élimination de la surfacturation et la récupération de l’argent disponible dans le marché informel», explique le ministre des Finances.

Une annonce à laquelle le président Tebboune ajoutera l’instruction de «puiser dans les réserves d’or du pays, les fonds gelés depuis des décennies au niveau des Douanes et des saisies au niveau des ports et des aéroports, pour les intégrer aux réserves nationales».

En sus de récupérer l’argent informel et l’intégrer dans le circuit officiel, demande est faite au secteur des finances de réduire le niveau des importations, notamment les services et le transport maritime de marchandises, pour préserver les réserves de change. Un ensemble de mesures qui devrait «faire économiser à l’Algérie, à la fin de l’année en cours, près de 20 milliards de dollars», indique le communiqué du CM.

Outre ces mesures, le secteur financier se doit aussi d’accélérer l’ensemble du processus de réforme du secteur, notamment en ce qui concerne la réforme du système bancaire qui «devient plus urgente que jamais».

Accorder également une attention particulière à la numérisation et à la modernisation des secteurs des impôts, du cadastre et des Douanes, tout en poursuivant le processus de mise en place de la finance islamique pour dynamiser la collecte de l’épargne et créer de nouvelles sources de crédits.

Notons que la loi de finances complémentaire prévoyait une baisse du niveau des réserves de change à 44,2 milliards de dollars, avec un recul des recettes des hydrocarbures à 20,6 milliards de dollars, contre 37,4 milliards, attendu selon la loi de finances initiale.

Les finances du pays se sont rétractées largement du fait de la chute brutale des cours du pétrole qui, à ce jour, n’arrivent pas à excéder la moyenne de 40 dollars, ainsi que du fait de la pandémie de Covid-19, qui continue d’épuiser les dépenses publiques et bloquer la machine économique. Chercher de nouvelles ressources financières s’avère être une urgence vitale.

Les décisions prises dans le secteur de l’énergie

– La poursuite des processus de raccordements locaux, notamment ceux des exploitations agricoles, pour renforcer la production et créer des emplois ;

– le transfert de la réalisation de la ville de Hassi Messaoud au ministère de l’Habitat ;

– la remise de l’Institut algérien du pétrole (IAP) sous l’autorité du ministère de l’Enseignement supérieur ;

– au premier trimestre 2021, devrait être arrêtée toute importation de carburant et de produits de raffinage.