Affaire du fuel frelaté : Des poursuites judiciaires contre plusieurs responsables au Liban

Nadjia Bouaricha, El Watan, 08 juillet 2020

L’affaire du fuel frelaté prend de plus en plus le cours d’une affaire libano-libanaise. La procureure générale près la Cour de cassation du Mont-Liban, Ghada Aoun, a clôturé l’étude du dossier du fuel non conforme livré à Electricité Liban en lançant des poursuites judiciaires contre des responsables du ministère libanais de l’Energie et de sociétés, rapporte le journal L’Orient le Jour.

La directrice générale du pétrole au ministère de l’Energie libanais, Aurore Feghali, ainsi que le directeur général des installations pétrolières, Sarkis Hleiss, sont tous deux poursuivis dans cette affaire pour «négligence professionnelle» et risque jusqu’à deux ans de prison.

Ghada Aoun décide aussi de la poursuite pour «fraude» des sociétés ZR Energy DMCC, ZR Energy Group Holding et Sonatrach BVI. La justice libanaise accuse Ibrahim Zouk, directeur exécutif de ZR Energy DMCC, Tarek Faoual, représentant de Sonatrach au Liban, et Teddy Rahmé, PDG de ZR Energy, de «fraude» et de «blanchiment d’argent». Ces responsables risquent selon la procédure judiciaire libanaise 7 ans de prison.

L’affaire implique aussi plusieurs employés des installations pétrolières de Deir Ammar et Zahrani et qui se retrouvent poursuivis pour «faux, usage de faux et pots-de-vin». Ces décisions annoncées par la justice libanaise interviennent quelques jours après la déclaration du ministre de l’Energie, Raymond Ghajar, justifiant la pénurie de fuel sur le marché libanais par la mise sous séquestre de deux navires de Sonatrach transportant du fuel vers le Liban. Le refus de Sonatrach de livrer le fuel tant que la mise sous séquestre était maintenue a engendré une situation de pénurie en approvisionnement en électricité au Liban.

Sonatrach avait aussi pris la décision de refuser la reconduction de son contrat d’exportation de fuel vers le Liban devant prendre fin en décembre prochain. Une enquête judiciaire est par ailleurs ouverte en Algérie afin de déterminer s’il y a implication ou non de la compagnie nationale d’hydrocarbures dans cette affaire de livraison de fuel non conforme.