Exportation de gaz et exploration d’hydrocarbures : Sonatrach et Eni renforcent leur coopération

Zhor Hadjam, El Watan, 02 juillet 2020

Le groupe Sonatrach et le groupe italien Eni ont signé un avenant au contrat gazier renouvelé entre les deux parties en 2019 pour dix années supplémentaires. L’avenant, signé hier à Alger, fixe les conditions commerciales pour l’année gazière 2020-2021.

Il complète le contrat signé en 1977, et renouvelé en mai 2019 pour l’approvisionnement du marché italien pour une durée de huit années fermes jusqu’en 2027, plus deux années optionnelles supplémentaires. Les deux parties ont également procédé à la signature de trois accords-gaz portant sur la commercialisation du gaz sec issu des périmètres Ourhoud 2, Sif Fatima 2 et Zemlet El Arbi, d’un volume annuel de près de 1,5 milliard de m3, et ce, jusqu’à l’an 2049.

Lors de la même cérémonie, Toufik Hakkar, PDG de Sonatrach et Claudio Descalzi, PDG du groupe Eni, ont signé, en présence du nouveau ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, un mémorandum d’entente (MoU) pour identifier les possibilités d’investir conjointement dans l’exploration et la production d’hydrocarbures en Algérie, dans le cadre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures.

Le MoU couvre aussi l’examen des opportunités d’exploration et de production à l’international. «Cette rencontre confirme la volonté des deux parties à développer leur partenariat dans divers segments de l’industrie pétrolière et gazière, ainsi que dans le domaine des énergies renouvelables. Des études pour la réalisation de nouveaux projets de centrales photovoltaïques, à l’instar de celui réalisé au niveau du site de production de BRN, seront incessamment entamées», souligne Sonatrach.

Pour le PDG du groupe italien, Claudio Descalzi, malgré la conjoncture internationale du secteur énergétique qui a nécessité la baisse des investissements de la compagnie italienne de près de 35%, «Eni a décidé de continuer et de rester avec un budget intégral en Algérie».

Selon un communiqué du groupe Eni publié sur son site internet, les deux parties ont également discuté de l’installation et de la gestion des installations de production d’énergie solaire dans les sites de production exploités par Sonatrach et Eni. «Des études de faisabilité seront ainsi réalisées immédiatement pour l’extension du système photovoltaïque BRN construit fin 2018 et pour la création d’un nouveau système photovoltaïque sur le site de MLE qui fournira de l’énergie propre à la station de traitement de gaz existante», indique le groupe italien.

Ce dernier souligne que ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la stratégie que les deux sociétés développent sur des actifs communs, visant à la fois à faire évoluer le mix énergétique de leurs activités et à s’orienter de plus en plus vers un procédé sobre en carbone, à travers l’efficacité énergétique des usines existantes, dans le cadre d’un business model qui combine la durabilité économique et financière avec la durabilité environnementale.

Reçu par le ministre de l’Energie Abdelmdjid Attar, en présence du PDG de Sonatrach, le PDG d’Eni a exprimé, selon le communiqué du groupe italien, ses remerciements pour le soutien et les relations solides avec Sonatrach : «Cette réunion témoigne de l’engagement de Sonatrach et Eni à étendre leur partenariat en Algérie, poursuivant leur stratégie commune de développement accéléré et la poursuite des objectifs de décarbonisation dans le cadre de notre engagement à atteindre la neutralité carbone à long terme en réduisant et en compensant les émissions de gaz altérant le climat.» Eni rappelle qu’il est présent en Algérie depuis 1981 et est actuellement exploitant de 32 permis miniers.

Avec une production en actions destinée à dépasser 100 000 barils équivalent pétrole par jour à court terme, Eni est la plus grande entreprise internationale opérant en Algérie, note encore le groupe italien.