Khenchela : Un an de prison pour le militant Merouan Mohamedi

Nouri Nesrouche, El Watan, 2 juillet 2020

Le jeune Merouan Mohamedi, 37 ans, militant de la première heure du mouvement du 22 février à Khenchela, a été écroué mardi après avoir été condamné le même jour à une année de prison ferme et une autre avec sursis par le tribunal de la même ville.

Il a été convoqué lundi par le parquet et jugé le lendemain en comparution directe.

Les griefs retenus contre lui sont «incitation à attroupement non armé», «publication (sur les réseaux sociaux) pouvant porter atteinte à l’unité nationale» et «informations ou nouvelles, fausses ou calomnieuses, susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public».

Des délits qui tombent sous le coup des articles 100 – alinéa 1 – et 196 bis du code pénal et que les militants du hirak subissent dans plusieurs wilayas, à travers une série de procès qui reflète la volonté de réprimer le mouvement populaire.

Marouan, malgré ses diplômes supérieurs, subsiste grâce à une tente sous laquelle il vend des fruits et légumes à la cité Hasnaoui, dans la ville de Khenchela.

Dans cette ville paupérisée et dans plusieurs wilayas où il a pris part aux manifestations du hirak, Merouan, père de trois enfants, s’est distingué comme un fervent animateur du mouvement par ses déclarations filmées et partagées sur les réseaux sociaux et sa participation active dans les forums tenus sur le parvis de l’Hôtel de Ville.

Ce lieu rendu historique depuis ce jour où, avec d’autres jeunes, Merouan avait décroché et jeté par terre un portrait géant de Bouteflika.

Des dizaines de citoyens étaient venus mardi soutenir le jeune hirakiste devant le tribunal, répétant le slogan : «Il a vendu des légumes, pas de la cocaïne».

Un collectif de huit avocats s’est constitué pour défendre Merouan, contre lequel le parquet avait requis trois ans d’emprisonnement.

Par ailleurs, plusieurs militants du hirak ont été convoqués et entendus par la police de Khenchela.

Le pouvoir semble bien décidé à réprimer le mouvement du 22 février dans cette wilaya de l’Est, l’une des premières à s’être soulevée contre l’élection de Bouteflika à un 5e mandat.