Sonatrach et Total prolongent leur accord dans le GNL pour trois ans

Renouvellement des contrats d’approvisionnement en Gaz Naturel

Meziane Ali, El Watan, 27 juin 2020

La Compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach et le groupe français Total ont conclu un accord renouvelant, pour une durée de trois années supplémentaires, leur partenariat dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL), a indiqué jeudi la compagnie dans un communiqué.

Cet accord permettra l’approvisionnement du marché français en GNL algérien à hauteur de deux millions de tonnes/an, a-t-elle précisé en ajoutant que les livraisons seront effectuées en priorité au terminal méthanier de Fos Cavaou. Les deux parties ont souligné l’importance de cet accord qui «s’inscrit dans la longue histoire de coopération entre Sonatrach et Total».

Commentant cet accord, Toufik Hakkar, PDG de Sonatrach, a indiqué que «Sonatrach confirme son statut de partenaire fiable, respectant ses engagements contractuels et jouissant d’une crédibilité certaine sur le marché international de l’énergie».

Même si le communiqué diffusé par l’APS souligne «la qualité des relations entre les deux partenaires historiques, et la conclusion d’un accord qui intervient dans un contexte de marché extrêmement volatil», force est de constater que le partenaire français a choisi le court terme. Ce qui était prévisible, ces dernières années où l’Algérie a trouvé du mal à renégocier des contrats de long terme.

Il y a une année, elle avait annoncé la signature d’un second accord de livraison de gaz vers l’Italie. Le contrat a été engagé avec le groupe énergétique italien Enel sur une durée de 8 ans avec une option de 2 ans supplémentaires et un volume d’approvisionnement global de 3 milliards de mètres cubes par an. Un autre accord gazier a été signé avec autre groupe italien, ENI.

Il porte sur une durée de 10 ans et un volume de 9 milliards de mètres cubes par an. L’Espagne avait aussi, à travers sa compagnie Gas Natural Fenosa, reconduit ses accords d’approvisionnement en gaz naturel jusqu’à 2030. Le contrat porte sur un volume annuel de 9 milliards de mètres cubes.

En juin 2019, c’est un autre pays européen, le Portugal, qui paraphe à travers, la société pétrolière et gazière Galp Energia un accord d’approvisionnement en gaz naturel algérien pour un volume de 2,5 milliards de mètres cubes par an. Ce qui allonge de 10 ans leur contrat gazier qui date de 1994.

Selon des données publiées par Sonatrach, le marché européen est la principale destination des exportations gazières algériennes. L’Italie est le premier client avec une part globale de 35%. L’Espagne arrive en deuxième position avec 31%, tandis que la France pointe derrière avec près de 8%.

Anticipant sur la remise en cause des contrats à long terme qui était avant de 20 à 25 ans, l’Algérie essaie elle aussi de diversifier la destination de ses exportations. Elle a signé avec la Turquie un accord portant renouvellement du contrat d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) jusqu’à 2024. L’Algérie détenait déjà 38% du marché turc de gaz de pétrole liquéfié (GPL).

Meziane Ali

Prix du Pétrole : Le Brent à 41,60 dollars à Londres

Les prix du pétrole ont progressé hier, dans l’élan de la séance américaine de la veille, portés par un regain d’optimisme chez les investisseurs sur le retour de la demande d’or noir. Le matin, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 41,60 dollars à Londres, en hausse de 1,32% par rapport à la clôture de jeudi. A New York, le baril américain de WTI pour le même mois gagnait 1,16%, à 39,17 dollars. «Les prix du pétrole semblent déjà avoir surmonté leur récente période de faiblesse (les deux cours de référence ont chuté de plus de 5% mercredi, ndlr) et retrouvent leur trajectoire ascendante», a constaté l’analyste Carsten Fritsch. L’analyste met en avant «la demande de carburant qui se normalise, puisque le trafic routier a retrouvé, dans un certain nombre de grandes villes du monde, le niveau de l’année précédente». Mais les gains engrangés jeudi et vendredi «risquent de plafonner», estime de son côté Fiona Cincotta, analyste, «car les inquiétudes concernant l’offre excédentaire persistent». Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs partenaires via l’accord Opep+ font pourtant leur possible pour limiter le surplus d’or noir sur le marché, plombé par les mesures de confinement et ses conséquences économiques fâcheuses pour l’industrie, en limitant de façon drastique leur production. Un total de 9,7 millions de barils par jour (mbj) sont ainsi censés être retirés du marché depuis le mois de mai et jusqu’à la fin du mois de juillet. Ensuite, la coupe commune doit passer à 7,7 mbj jusqu’à la fin de l’année, puis à 5,8 mbj de janvier 2021 à avril 2022. Mais même si «la demande mondiale de pétrole se redresse, la croissance, elle, est encore lente», souligne Bjarne Schieldrop, analyste. En conséquence, ce dernier évalue comme «bonnes» les chances de prolongation en août du volume des coupes actuelles par l’organisation et ses partenaires. «Si c’est le cas, ils devront probablement prendre une décision et l’annoncer la semaine prochaine», a-t-il ajouté.APS