Remaniement Attar, Benabderrahmane et Benbahmed, les nouveaux poids lourds du gouvernement

Kamel Amarni, Le Soir d’Algérie, 24 juin 2020

Le Président Abdelmadjid Tebboune a procédé, hier mardi, à un important remaniement ministériel, le premier sous son règne et qui intervient à six mois de la constitution du premier gouvernement de Abdelaziz Djerad, nommé début janvier dernier.
Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – S’il ne chamboule pas trop les grandes articulations de l’exécutif, ce remaniement touche tout de même des portefeuilles lourds et de souveraineté, comme celui des finances qu’occupera désormais le patron de la Banque d’Algérie, Amine Benabderrahmane qui remplace, ainsi, Abderrahmane Raouia.
Autre changement important, la nomination de l’ancien patron de la Sonatrach, ancien ministre des Ressources en eau et l’un des plus grands experts des questions pétrolières et gazières, Abdelmadjid Attar. Une grosse pointure donc à la tête du secteur avec ce « technicien » qui est, contrairement à beaucoup de ses prédécesseurs à ce poste clé, un « politique ». Attar prendra un ministère réservé exclusivement à l’énergie et désormais séparé du secteur des mines qui, lui, est érigé au rang de ministère plein, confié à Mohamed Arkab. En propulsant ainsi le secteur des mines, Tebboune confirme son intention, affirmée il y a quelques semaines, de lancer une nouvelle politique en la matière, pour permettre à l’Algérie d’exploiter toutes ses ressources minières et de ne plus se suffire des seuls hydrocarbures. D’autres secteurs importants changent également de mains, en vertu de ce remaniement : il s’agit de l’agriculture, de l’enseignement supérieur et des transports. Ce dernier secteur est d’ailleurs élevé lui aussi au rang de ministère exclusivement réservé aux transports et donc séparé des travaux publics.
Autre secteur qui prend une nouvelle dimension, celui des industries pharmaceutiques. Lotfi Benbahmed est désormais ministre plein, à la tête d’un secteur complètement autonome de celui de la santé. Assurément, cela est d’abord une conséquence directe de la pandémie, mais également, cela confirme la nouvelle politique du gouvernement en matière de santé. Même topo, si l’on peut dire, s’agissant de la réaction par rapport à l’autre crise, celle économique et énergétique et qui explique certainement la création d’un nouveau ministère dédié à la transition énergétique et les énergies renouvelables, confié à un expert en la matière, Chems Eddine Chitour, en l’occurrence. L’on pourrait noter, par ailleurs, l’entrée dans le gouvernement de l’ex-championne, Salima Souakri, qui remplace l’autre super-star mondiale, Noureddine Morceli aux sports d’élite. Tout comme celle du député Samir Chaâbna, qui s’occupera désormais de son secteur de prédilection, la communauté algérienne à l’étranger. Et permettra, du même coup, au parti El Moustakbal de Aziz Bélaïd, d’avoir son deuxième représentant dans l’exécutif.
K. A.

Liste du nouveau gouvernement
Abdelaziz Djerad, Premier ministre.
Sabri Boukadoum, ministre des Affaires étrangères.
Kamel Beljoud, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire.
Belkacem Zaghmati, ministre de la Justice, garde des Sceaux.
Aymen Abderrahmane, ministre des Finances.
Abdelmajid Attar, ministre de l’Energie.
Shams Eddine Chitour, ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables.
Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine et des Ayants droit.
Youssef Belmehdi, ministre des Affaires religieuses et des Wakf.
Mohamed Odjaout, ministre de l’Education nationale.
Abdelbaki Ben Ziane, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Hyam Ben Freha, ministre de la Formation et de l’Education professionnelle.
Malika Bendouda, ministre de la Culture et des Arts.
Sidali Khaldi, ministre de la Jeunesse et des Sports.
Mounir Khaled Berrah, ministre de la Digitalisation et des Statistiques.
Brahim Boumzar, ministre de la Poste et des Télécommunications.
Kaoutar Kirikou, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et des Questions féminines.
Farhat Aït Ali Ibrahim, ministre de l’Industrie. Mohamed Arkab, ministre des Mines.
Abdelhamid Hamdan, ministre de l’Agriculture et du Développement rural.
Kamel Nasri, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville.
Kamel Rezik, ministre du Commerce.
Amar Belhimer, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.
Farouk Chiali, ministre des Travaux publics.
Lazhar Hani, ministre des Transports.
Arezki Baraki, ministre des Ressources en eau.
Mohamed Hamidou, ministre du Tourisme, de l’Industrie traditionnelle et du Travail familial.
Abderrahmane Ben Bouzid, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.
Ahmed Chawki Fouad, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.
Basma Azouar, ministre des Relations avec le Parlement.
Nacira Ben Harath, ministre de l’Environnement.
Sid Ahmed Faroukhi, ministre de la Pêche maritime et des Produits de la pêche.
Abderrahmane Lotfi Djamel Ben Ahmed, ministre de l’Industrie pharmaceutique.
Mohamed Cherif Belmihoub, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Planification.
Nassim Dayafat, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Petites entreprises.
Yassine El Mehdi Walid, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Economie du savoir.
Samir Chaâbna, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Communauté nationale à l’étranger.
Aïssa Bekai, ministre délégué auprès du ministre du Commerce chargé du Commerce extérieur.
Hamza Al Sid Chikh, ministre délégué auprès du ministre de l’Environnement chargé de l’Environnement sahraoui.
Salima Souakri, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports chargée du Sport de l’élite.
Bashri Youssef Sahiri, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Culture chargé de l’Industrie cinématographique.