Adrar: Protesta à Bordj Badji Mokhtar

Bentouba Mohamed Nadhir, Le Quotidien d’Oran, 15 juin 2020

Les problèmes de la prise en charge sanitaire et l’état des routes à Bordj Badji Mokhtar a poussé une centaine de personnes, représentant la société civile de la willaya déléguée à protester dans la rue depuis plus de trois jours successifs, a-t-on appris d’un militant de la société civile de Bordj Badji Mokhtar. Un dispositif a été mis en place par les services de sécurité par crainte de débordement.

L’hôpital de la ville de 60 lits mis en service depuis plus d’une année, manque d’équipements nécessaires pour la prise en charge des malades surtout dans une zone enclavée où la ville la plus proche se trouve à 650 kilomètres. Les protestataires exigent la dotation de l’hôpital de tout le matériel nécessaire et l’ouverture des services de maternité, radiologie, pédiatrie, orthopédie, chirurgie et autres ainsi que l’affectation de personnel médical et paramédical adéquat. La situation pèse sur la vie des habitants qui traversent le désert de Tansnrouft pour un examen en radiologie à Reggane ou à Adrar. II est à signaler que l’hôpital ne dispose pas d’un service de réanimation jusqu’à maintenant.

Les protestataires exigent l’intervention du ministère de la Santé et les services du Premier ministère afin de mettre fin à un calvaire qui dure depuis l’indépendance. Les protestataires ont soulevé aussi le problème de la route n° 6 qui relie Reggane à Bordj Badji Mokhtar sur une distance de 650 kilomètres, une route (piste) classée comme l’une des plus meurtrière dans la région.

Des personnes s’égarent parfois en plein désert. La situation catastrophique de cette route a influé sur le développement de cette région frontalière avec le Mali. Vu l’absence du transport de voyageurs pour cette région, les habitants déboursent jusqu’à 8.000 DA pour se rendre à Bordj Badji Mokhtar au bord des véhicules 4×4 utilitaires qui assurent le transport clandestinement. La région nécessite un plan d’urgence spécial afin mettre fin à la souffrance de ses habitants. Un plan qui doit prendre en charge le côté humain et matériel.

Les protestataires réclament un minimum en matière de développement, de santé et d’infrastructures routières.