Béjaïa: Merzoug Touati, Yanis Adjlia et Amar Beri sous mandat de dépôt

RadioM, 13 juin 2020

Arrêtés hier vendredi, lors de la marche du Hirak à Béjaïa, avec une vingtaine d’autres manifestants, ils ont été maintenus en garde à vue alors que tous les autres manifestants sont ressortis libres des commissariats, avec néanmoins, une amende chacun de 10 000 DA pour non-respect des règles de confinement.

Mais que reproche-t-on exactement à Touati, Adjlia et Beri ? En sus de l’incitation à attroupement non armé, publication et distribution de publications pouvant porter atteinte à l’unité nationale, mettre la vie d’autrui (des autres personnes) en danger durant la période du confinement; Beri, lui, se voit accusé d’atteinte à la personne du président de la République et d’outrage à corps constitué.

Selon les observateurs sur place, le choix de ces trois figures du Hirak n’est pas fortuit.D’autant plus qu’ils n’ont pas attendu dimanche pour passer devant le juge, mais aujourd’hui samedi. Sauf qu’au final, le jugement est reporté au 17 juin prochain. Le juge a ordonné d’ici-là, leur mise sous mandat de dépôt.

Ces interpellations interviennent à la veille du 19e anniversaire de la marche historique du 14 juin 2001, dans le sillage du Printemps noir de Kabylie qui s’est soldé par l’assassinat de 126 jeunes, avec, en tête de liste, le jeune lycéen Massinissa Guermah, tué par balles dans une brigade de gendarmerie, à Béni Douala, le 18 avril 2001.

Pour rappel, Merzoug Touati, actuellement journaliste à l’Avant-Garde, journal électronique des luttes progressistes et démocratiques, est un blogueur condamné par le passé, en 2017, à sept ans de prison pour intelligence avec l’ennemi, il a été libéré le 4 mars 2019, après avoir purgé deux ans de prison.