De nouveaux dossiers instruits au niveau de la Cour suprême: 23 anciens ministres concernés

Abla Chérif, Le Soir d’Algérie, 11 juin 2020

La gestion des anciens hauts responsables ayant servi durant la période de Abdelaziz Bouteflika est toujours passée au peigne fin par les magistrats enquêteurs. Vingt-trois ex-ministres et un bon nombre de cadres figurent à ce titre dans les affaires enrôlées au niveau de la Cour suprême, a-t-on appris de bonne source.
Ces affaires font partie d’une liste de dossiers parvenus à cette instance jusqu’au mois de septembre dernier, apprend-on de la même manière, une raison pour laquelle on y retrouve souvent des noms évoqués par les différents tribunaux ayant eu à se pencher en premier lieu sur les faits reprochés aux mis en cause. C’est notamment le cas de l’ancienne ministre de l’industrie, Djamila Tamazirt, et Houda Feraoun, ex-responsable du secteur des télécommunications. Le nom de cette dernière réapparaît d’ailleurs ces derniers jours en raison de l’avancée qu’a connue l’instruction du dossier des frères Kouninef. Son nom est cité dans l’une des affaires pour lesquelles ces derniers sont poursuivis, nous dit-on, une raison pour laquelle un second passage devant un juge d’instruction de la Cour suprême est programmé.
Cette instance poursuit également son enquête autour du dossier Sonatrach II. Le dossier est fractionné en plusieurs parties, les auditions se poursuivent, elles se multiplient même puisque certains noms cités ont déjà été écoutés au moins deux fois.
Chakib Khelil, en fuite à l’étranger, est poursuivi avec plusieurs autres personnes. L’enquête est menée pour le moment avec Mohamed Meziane, ex P-dg de Sonatrach placé en liberté provisoire en juillet dernier, Abdelhafidh Faghouli, ancien vice-président de Sonatrach, et d’autres cadres de cette même société.
On évoque notamment les noms de Mustapha Hanafi, ex-directeur général des hydrocarbures au ministère de l’Énergie. Chakib Khelil est également cité aux côtés de Farid Bedjaoui et de deux anciens ministres poursuivis pour les mêmes raisons. Il s’agit de Amar Ghoul, ancien ministre des Transports et des Travaux publics, ainsi que Mohamed Bédjaoui ancien ministre de la Justice, des Affaires étrangères et président du Conseil constitutionnel sous Bouteflika.
L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports Mohamed Hattab est, lui, poursuivi dans des affaires différentes. Le dossier le plus important pour lequel il est poursuivi et placé sous contrôle judiciaire est sans conteste celui du groupe Amenhyd, la troisième entreprise privée la plus en vue après celles de l’ETRHB de la famille Haddad et la KouGC des frères Kouninef. Les poursuites concernent également cinq anciens walis (Chlef, Relizane, Aïn Defla et Blida) ainsi que Abdelmalek Sellal. Il faut savoir que l’ancien Premier ministre figure dans quatre dossiers différents actuellement traités.
Dans les dossiers en cours d’instruction et portant sur les indus avantages octroyés aux hommes d’affaires, Sellal se trouve poursuivi avec pas moins de dix anciens
ministres : Boudjemaâ Talai, Zaâlane Abdelghani, Nouri Abdelwahab, Bouazgui Abdelkader, Mahdjoub Bedda, Benhammadi Moussa, Selim saâdi, Youcef Yousfi, Abdeslam Bouchouareb, El Ghazi Mohamed ainsi que d’anciens walis de Tipaza, d’Alger, de Béjaïa et de Constantine. Ahmed Ouyahia n’est pas en reste. Son nom figure dans deux affaires distinctes en cours et toutes liées encore aux avantages accordés aux hommes d’affaires.
Les dossiers en instruction au niveau de la Cour suprême concernent aussi Abdelwahid Temmar, ancien ministre de l’habitat poursuivi dans deux affaires différentes en qualité d’ancien wali de Mostaganem et Abdelhamid Temmar, ex ministre de l’industrie et de la promotion de l’investissement. Ce dernier a d’ailleurs été une nouvelle fois auditionné ce mardi par un magistrat instructeur, apprend-on également de sources concordantes qui perçoivent ces derniers jours des signes de célérité dans le traitement de cette liste de dossiers.
Dans cette dernière on retrouve enfin aussi les noms de Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, deux ex-ministre de la Solidarité, Khalida Toumi, ancienne ministre de la Culture poursuivie avec Belblidia Abdelhamid, ancien coordinateur général des manifestations au ministère de la culture et Miloud Hakim, ex-directeur de la culture de la wilaya de Tlemcen.
A. C.