Lutte contre le terrorisme en Afrique : L’Africom confirme la mort du chef d’Aqmi

Zine Cherfaoui, El Watan, 10 juin 2020

La neutralisation de Abdelmalek Droukdel, chef d’Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi), est une quasi-certitude.

Le Commandement militaire des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom) a confirmé aussi, dans communiqué mis en ligne lundi sur son site, l’information sur l’élimination du chef terroriste au Mali donnée par les autorités françaises. «La ministre des Armées françaises, Florence Parly, a annoncé vendredi que les forces armées françaises, avec le soutien de leurs partenaires, avaient tué l’émir d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdel, (…) lors d’une opération dans le nord du Mali.

Le Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique a également confirmé la mort de Droukdel dans une évaluation indépendante», indique l’Africom.

La contre-amiral Heidi Berg, directrice du renseignement de l’Africom, rappelle que «Droukdel a été l’architecte de l’expansion de l’idéologie d’AQMI à travers le Sahel et le Maghreb, et plus récemment en Afrique de l’Ouest, où des éléments se revendiquant d’Al Qaîda ont mené des attaques et des enlèvements du Nigeria à la Côte d’Ivoire». «Il était responsable de nombreuses attaques et de la mort de centaines de civils innocents», ajoute la même source qui mentionne que «le leadership et les capacités de Droukdel ont permis aux organisations d’Al Qaîda basées au Mali d’augmenter considérablement l’instabilité au Sahel».

Satellites américains

Les autorités américaines confirment en outre avoir contribué à l’opération de neutralisation de Abdelmalek Droukdel en signalant notamment aux forces françaises la présence du chef d’AQMI dans le nord du Mali. «En tant que partenaire de cette mission dirigée par la France, et comme exemple de notre coopération et de notre partenariat continus pour contrer une menace commune, Africom a fourni un appui en renseignement et en ISR (Surveillance, renseignement et reconnaissance). L’opération a définitivement éliminé le plus haut décideur d’AQMI et l’architecte probable du mouvement djihadiste basé au Sahel», indique à ce propos le Commandement militaire américain pour l’Afrique dans son communiqué.

Le major-général Dagvin Anderson, chef du Commandement des opérations spéciales pour l’Afrique, cité par la même source, insiste sur l’idée également que l’élimination du chef d’Aqmi «n’était pas seulement une victoire pour la France et les Etats-Unis, ou même pour les nations du Sahel» mais que «c’était une victoire pour toutes les nations qui s’opposent au terrorisme et à la violence». «La coopération qui a conduit à l’élimination de ce chef de haut niveau d’Al Qaîda montre la valeur de nos partenariats et le retour sur investissement que ces relations mutuellement bénéfiques apportent aux Etats-Unis et à la sécurité mondiale», a-t-il dit.

Parmi ces partenaires dont parle Washington figure en bonne place l’Algérie. «L’opération française n’a pas pu avoir lieu sans l’implication, d’une façon ou d’une autre, des services algériens de sécurité, surtout qu’ils ont une grande connaissance du terrain. L’élimination de Droukdel a eu lieu à une poignée de kilomètres de la frontière algéro-malienne. Alger ne pouvait pas ne pas savoir», indiquent des sources à El Watan.

Un expert en terrorisme rappelle quant à lui, que «depuis les années 2000, le suivi des criminels fait l’objet d’un partage entre tous les pays engagés dans la lutte contre le terrorisme dans la région», ce qui accrédite effectivement l’idée que l’Algérie – qui a souvent fourni des renseignements précieux aux Occidentaux – était aux premières loges lors de l’opération de neutralisation de Droukdel.

Le chef terroriste connu sous le nom de guerre Abou Moussab Abdelwadoud avait été tué le 3 juin dernier avec plusieurs de ses proches collaborateurs, dont Toufik Chaïb, le responsable de la coordination et de la propagande d’AQMI, lors d’une opération française menée dans le nord du Mali. L’intervention a eu lieu précisément à Talahandak, localité située à une dizaine de kilomètres de l’Algérie et à 80 km à l’est de Tessalit.

Né en 1970 à Meftah, en Algérie, Abdelmalek Droukdel avait pris la tête du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) en 2004. Sous sa houlette, l’organisation fit allégeance à Al Qaîda en 2006 et prit l’appellation d’AQMI.