Accusé d’être impliqué dans la mort de sa femme, Khaled Nezzar réagit aux propos de son fils

Maghreb Émergent, 8 juin 2020

Khaled Nezzar, général à la retraite, ex-chef d’état major et ex-ministre de la Défense condamné par contumace à 20 ans de prison dans l’affaire dite du « complot contre l’autorité de l’Etat », a réagit hier dimanche, aux accusations de son fils, Soufiane, dans l’affaire de la mort de sa femme, via un un plaidoyer publié sur le site Algérie Patriotique.

Sofiane Nezzar, avait déclaré mercredi et jeudi derniers sur con compte facebook que son père, Khaled avec la complicité de don frère, Lotfi, étaient impliqués dans la mort de sa mère, Barket FatmaZohra, qui selon lui, aurait été tuée durant les années 1990 dans leur maison à Hydra, à Alger.

Actuellement recherché par les autorités algériennes, Nezzar père a déclaré que son fils Soufiane est atteint de « troubles psychiatriques » ? Il soutient que « sa maladie serait exploité par un cercle haineux sans loi ni foi ».

Voci le texte intégral de la déclaration de Khaled Nezzar :

«  La vilenie des fabricants de calomnies me pousse encore une fois à réagir, cette fois, suite à un abus de faiblesse qui provoque dégoût et répulsion et dont est victime mon fils Sofiane, resté à Alger, atteint de troubles psychiatriques graves. Des personnes malintentionnées se rendent, ainsi, coupables d’une exploitation criminelle de son état de vulnérabilité psychique pour l’amener à publier des insanités sur les réseaux sociaux, proférant d’insensées accusations contre sa propre famille.

“Quand l’ignorant est victime de la confusion, le trompeur, lui, la produit ou l’entretient” , dit-on.

Ces divagations, colportées à l’époque par les affidés du FIS jusque dans les couloirs de la 17e chambre du tribunal de Paris où se déroulait le procès contre le félon Habib Souaïdia et ses mentors français, trouvent aujourd’hui écho chez certaines personnes portées par une impulsion vengeresse fiévreuse et font dire à mon fils malade que ma défunte épouse, mère de mes quatre enfants, serait morte assassinée.

Atteint de troubles bipolaires et d’addiction, mon fils Sofiane a été admis dans plusieurs structures de soins psychiatriques à Paris et Genève et interné à maintes reprises à l’hôpital militaire d’Aïn Naâdja où le professeur N. Arfi a établi le compte rendu médical suivant, en date du 30 juillet 2019 : «M. Nezzar Sofiane, âgé de 40 ans, aux antécédents d’hospitalisation au niveau de notre service, la dernière remontant à 2016. De ces antécédents psychiatriques, on note un suivi depuis l’âge de 33 ans pour trouble bipolaire de type 1, émaillé de plusieurs hospitalisations, mis sous différents traitements, à savoir : lithium, Abilify, quétiapine, Risperdal 4 mg/l et récemment sous Tegretol LP, à raison de 800 mg. La dernière hospitalisation en mai 2016, dans les suites d’un épisode mixte, avec caractéristiques psychotiques, s’est accompagnée d’une humeur dépressive et une irritabilité importante, de gros troubles du comportement et un fort potentiel de dangerosité avec passage à l’acte auto et hétéro agressif.»

C’est le cœur lourd que je me vois obligé de divulguer ces faits qu’il me pèse de devoir étaler sur la place publique pour dénoncer l’ignoble utilisation de cette infirmité pour propager d’abjects mensonges sur ma famille et moi-même. Se révélant totalement dépourvus de scrupules, des officiers du renseignement avaient approché mon fils Sofiane, sur ordre de Gaïd-Salah, et continuent apparemment à l’inciter à épandre ses délires en lui promettant monts et merveilles. Faible, inconscient, manipulable et dépendant, mon fils Sofiane a été entraîné dans une voie destructrice pour lui et pour toute sa famille, dans des agissements qui ne sont pas aléatoires, mais déterminés par un plan préétabli.

Comment ne pas déceler une corrélation directe entre la mise au point de mon fils Lotfi, directeur général de SLC, à moitié censurée par Liberté, et cette subite recrudescence des vieilles lourdes incriminations fallacieuses charroyées par la même fanfare, les mêmes mercenaires ? Qui la vérité dérange-t-elle pour qu’à ce point la voix de Khaled Nezzar ou de son fils provoquent un tel affolement ? Le média social YouTube n’a-t-il pas été bloqué complètement en Algérie – un acte tout à fait unique dans le monde – pour m’empêcher de m’adresser à mes compagnons auxquels je demandais de rompre le nœud gordien par lequel Gaïd-Salah entraînait notre honorable Armée nationale populaire sur les chemins tortueux et méandreux de la politique, l’exposant ainsi à la colère citoyenne ?

Tout en m’élevant contre ces attaques récurrentes qui me ciblent depuis de longues années, je réitère mon appel à la réouverture des dossiers, tous les dossiers, soit dans le cadre d’un débat national, soit devant les tribunaux lorsque la justice sera enfin à nouveau libre et indépendante, pour que cette vaine rhétorique et cette prééminence du débat amoral, qui dépeignent la misère intellectuelle de leurs générateurs, laissent place à l’éclosion de la vérité et aux arguments qui se fondent sur la raison, la décence et la bonne foi.

J’attire l’attention des autorités compétentes sur la nécessité d’une prise en charge sanitaire immédiate de mon fils chez qui j’observe une détérioration de son cas psychotique à travers ses délires, fort probablement dus au non-respect de la prescription médicamenteuse et à son remplacement par des produits aggravants. Dans une telle situation, les médecins ont toujours procédé à son hospitalisation.

Vu les circonstances politiques particulières qui m’ont fait m’éloigner malgré moi du pays, je demande que mon fils se fasse consulter par ses médecins traitants avant que son état se dégrade davantage.

S’il advenait quoi que ce soit à mon fils, la responsabilité incombera, en premier lieu, à tous ceux qui auront abusé de sa mauvaise santé et du désarroi dans lequel elle l’a plongé, et l’auront conduit à commettre l’irréparable. »