Chakib Khelil change de démarche

Il limite ses interventions au domaine économique

Chakib Khelil change de démarche

Le Soir d’Algérie, 23 novembre 2016

Chakib Khelil apparaît, depuis un moment, sous un nouveau profil : celui d’un homme qui a décidé de circonscrire ses interventions dans le cadre exclusif de son domaine sans jamais faire référence à la tempête que son retour, sans inquiétude, en Algérie a soulevée.
Abla Chérif – Alger (Le Soir) – La réunion des experts de l’Opep, qui s’est déroulée à Alger autour des semaines passées, semble, dans ce cadre, lui avoir offert l’occasion idoine de se recadrer à travers des interventions précises faites à des médias triés sur le volet et unanimement focalisés sur des sujets économiques. Mais là aussi, on le voit bien, Chakib Khelil ne dépasse plus les limites de son thème de prédilection et n’en profite plus, comme il le faisait auparavant pour déborder sur des mises au point à ceux qui crient au scandale depuis son retour.
Dimanche soir, il est de nouveau apparu sur l’écran de la chaîne télévisée Ennahar pour analyser, dans une longue intervention, la crise économique qui secoue l’Algérie. Son intervention a été du reste reprise, presque intégralement hier par le journal d’expression arabe El-Massa qui décortique, point par point, les «prévisions optimistes» de l’ancien ministre de l’Energie.
Dans ce contexte où les appréhensions les plus vives se font ressentir en raison des sombres prévisions de restrictions économiques, Chakib Khelil a tenu ainsi à s’inscrire dans le débat en «rassurant les Algériens» et les «assurant que les étapes les plus difficiles» ne sont pas à venir, mais qu’elles ont été, au contraire , «traversées au cours des deux dernières années, 2015, 2016». «Les temps durs sont derrière nous», a-t-il ajouté, rendant hommage au gouvernement actuel qui «mène un travail positif» selon lui, même s’il appelle les décideurs à axer davantage leur attention sur le développement du marché gazier en raison des fortes perturbations qui secouent le monde du pétrole. Au cours de ces dernières semaines, l’ancien ministre de l’Energie s’était exprimé dans le même cadre, et à peu de termes près, sur les évènements économiques qui secouent l’Algérie, intervenant exclusivement en qualité d’expert sur le sujet, mais aussi sur la réunion de l’Opep qu’il a largement commentée et analysée avant et après son déroulement.
Peu à peu, l’image de l’homme qui était, il y a peu de temps encore, au centre d’un scandale national s’est effacée, cédant la place à celle d’un professionnel uniquement intéressé par les aspects économiques de son pays.
L’origine de cette nouvelle stratégie ne souffre aucun
doute : les images de Chakib Khelil vêtu d’un burnous et parcourant toutes les zaouias du pays n’ont pas donné l’effet escompté.
A l’inverse, l’ancien ministre de l’Energie a soulevé, pour le moins que l’on puisse dire, une polémique interminable et la colère des Algériens qui n’ont pas tari de commentaires sur l’espace d’expression et de liberté que leur offre le net.
Gagnées par la révolte, certaines de ces zaouias ont même refusé de le recevoir, une situation qui a, sans doute, poussé le concerné à revoir toute sa stratégie car, peu de temps après cet évènement, il s’est cantonné dans un silence qui a duré un long moment.
Cette absence a fait taire toutes les voix qui ont fini par faire de Chakib Khelil un sujet national d’autant que de nouvelles affaires impliquant sa personne et sa famille ont surgi au même moment.
La polémique allant enflant, Chakib Khelil a, vraisemblablement, décidé de se recadrer et de ne plus alimenter des sujets trop compromettants…
A. C.