Politique étrangère et défense national: Boukadoum appelle à un «consensus national»

Mohamed Kebci, Le Soir d’Algérie, 3 juin 2020

Le ministre des Affaires étrangères appelle à un «consensus national» autour de la politique étrangère du pays et de la défense nationale qui n’admettent pas de «différend en interne».
M. Kebci – Alger (Le Soir) – S’exprimant, hier lundi, devant les membres de la commission des affaires étrangères, de la coopération et d’émigration de l’Assemblée populaire nationale (APN), Sabri Boukadoum a invité à un consensus national autour de la politique étrangère du pays. «Il y a deux secteurs, la défense nationale et les affaires étrangères, qui n’admettent pas de divergences et qui relèvent des prérogatives exclusives du président de la République», a-t-il soutenu, tenant à préciser que cela est de «règle au niveau de 99% des pays de par la planète». «Nous pouvons diverger sur des aspects comme cela a été le cas hier (avant-hier dimanche, ndlr) à l’occasion de l’adoption du projet de loi de finances complémentaire pour l’année en cours, ceci relève de l’exercice démocratique, mais en ce qui concerne les affaires étrangères, il est préférable que tous les Algériens aient la même position et parlent de la même voix», «la politique étrangère et la défense nationale doivent avoir le consensus du plus grand nombre», a encore ajouté Boukadoum.
Rappelant la «doctrine» guidant la politique étrangère du pays, à savoir la «non-ingérence» dans les affaires internes et le «respect» de la souveraineté des pays, le ministre des Affaires étrangères a évoqué les efforts sans cesse consentis par l’Algérie pour consolider la paix et la sécurité dans la région. Et de souligner le suivi de la commission en charge de l’application du pacte de paix au Mali et la réconciliation paraphé à Alger.
Pour ce qui est du dossier libyen, le chef de notre diplomatie a affirmé qu’en dépit des graves développements enregistrés ces jours-ci dans ce pays voisin, l’Algérie poursuit de fournir des efforts à l’effet de «convaincre les divers partenaires de l’impératif retour autour d’une table de dialogue, de par la confiance dont il jouit auprès de tous les protagonistes libyens. Nous multiplions les contacts pour encourager les Libyens à adopter la solution politique et nous suivons de près toutes les initiatives libyennes».
Concernant la question sahraouie, le ministre des Affaires étrangères a rappelé le soutien de l’Algérie quant au droit du peuple sahraoui à son autodétermination et ne cesse d’appeler à la nomination d’un nouvel envoyé spécial de l’ONU au Sahara Occidental. Boukadoum a réitéré la même position algérienne concernant la question palestinienne, estimant que l’Algérie est le «seul pays à récuser la politique du fait accompli».
Pour sa part, le secrétaire d’État en charge de la Communauté nationale et des Compétences à l’étranger, a soutenu travailler pour «attirer» les compétences nationales établies à l’étranger à l’effet de travailleurs dans le pays. Des compétences que Rachid Bladhane estime à «près de 25 000», et qu’il soutient «entamer incessamment» les contacts avec eux pour les convaincre de revenir au pays et y investir selon le principe «gagnant-gagnant».
Concernant les ressortissants algériens coincés dans des pays étrangers à l’occasion de la grave crise sanitaire induite par la pandémie de coronavirus, le secrétaire d’État en charge de la Communauté nationale et des Compétences à l’étranger affirme que le gouvernement fournit tous les efforts nécessaires pour les rapatrier, annonçant que même des compatriotes établis légalement à l’étranger veulent regagner le pays» durant cette contraignante période de confinement sanitaire.
M. K.