Forte hausse des prix du pétrole en mai : La production de l’Opep au plus bas en 20 ans

Zhor Hadjam, El Watan, 31 mai 2020

La production de pétrole de l’OPEP a atteint son plus bas niveau en deux décennies durant le mois de mai, alors que l’Arabie Saoudite et d’autres membres ont commencé à réduire leur offre, selon une enquête menée par l’agence Reuters.

En moyenne, l’Organisation a pompé 24,77 millions de barils par jour (b/j) ce mois-ci, selon l’enquête, en baisse de 5,91 millions de b/j par rapport au chiffre révisé d’avril.

Associée à l’assouplissement progressif des restrictions gouvernementales liées à la pandémie de coronavirus, la baisse de l’offre a aidé le prix du pétrole à enregistrer sa plus importante progression mensuelle jamais enregistrée, quelques semaines seulement après que les prix aient plongé en dessous de zéro.

Les prix du pétrole ont terminé en hausse vendredi. A Londres, le Brent coté sur l’InterContinental Exchange (ICE) a fini à 35,33 dollars, alors qu’à New York, le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, a gagné 1,78 dollar, ou 5,3%, pour terminer à 35,49 dollars. Il finit ainsi au-dessus du seuil des 35 dollars pour la première fois depuis mars.

En baisse pendant la majeure partie de la journée, les cours du pétrole ont gagné du terrain après la publication en fin de séance d’un rapport hebdomadaire de la société Baker Hughes montrant que le nombre de puits forant du pétrole aux Etats-Unis avait baissé pour la 11e semaine de suite.

«L’OPEP a pris un bon départ en mai, avec sa dernière baisse de production, réduisant l’offre de 5 millions de b/j par rapport à avril», a déclaré à Reuters Daniel Gerber, directeur général de Petro-Logistics, qui évalue l’offre de l’OPEP en suivant les expéditions des pétroliers. L’OPEP et ses alliés ont convenu de réduire l’offre d’un record de 9,7 millions de b/j à partir du 1er mai. Depuis le début de l’accord, ils ont livré 4,48 millions de b/j de la réduction annoncée, soit 74% de conformité, selon l’enquête.

La production de mai serait la plus faible de l’OPEP depuis 2002, selon Reuters. La plus forte baisse de l’offre est venue d’Arabie Saoudite, qui a enregistré un record de 11,7 millions de b/j en avril.

L’offre saoudienne devrait encore baisser en juin. Les Emirats arabes unis et le Koweït ont également fortement diminué leur production, selon des sources de l’enquête. Les deux avaient pompé à des taux record en avril. L’Irak est à la traîne dans les coupes.

A 38%, sa conformité est bien inférieure à celle des membres du Golfe de l’OPEP. Un autre retardataire, le Nigeria, qui n’a réalisé que 19% de sa réduction promise, selon l’enquête. Le Venezuela et l’Iran ont réduit leur production en mai, tandis que l’offre libyenne était stable. Tous les trois ont été exemptés de réductions volontaires en raison de sanctions américaines ou de problèmes internes limitant la production.

La production de pétrole en Libye a plongé depuis le 18 janvier en raison d’un blocus des ports et des champs pétroliers. La production a atteint en moyenne 100 000 b/j en mai, selon l’enquête basée sur les données d’expédition fournies par des sources externes, les données de flux de Refinitiv Eikon, les informations de pétroliers-traqueurs, tels que Petro-Logistics et Kpler, et les informations fournies par des sources auprès des compagnies pétrolières, de l’OPEP et consultants.