PLFC-2020 : 10,4% de déficit budgétaire en 2020 contre 9,2% en 2019

Kheireddine Batache, Maghreb Emergent, 26 mai 2020

Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a présenté ce mardi le projet de Loi de finances 2020 devant les membres de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) lors d’une séance plénière. L’on parle d’un déficit budgétaire atteignant les 10,4% du produit intérieur brut (PIB) pour 2020, contre une prévision précédente de 7,2%. En 2019, il s’était établi à 9,2% du PIB.

Selon Raouya, ce déficit survient en raison de la baisse des revenus du pétrole et du gaz. « Le gouvernement a projeté les recettes d’exportation de pétrole et de gaz pour 2020 à 17,7 milliards de dollars, contre une prévision de 35,2 milliards de dollars annoncée avant l’épidémie du nouveau coronavirus qui a provoqué une forte baisse des prix mondiaux du brut. » A-t-il déclaré à l’Assemblée Nationale.

Par ailleurs, Le PLFC 2020 prévoit la baisse des dépenses budgétaires à 7.372,7 mds DA (mds DA) contre 7.823,1 milliards DA dans la Loi de finances (LF) initiale. Les recettes budgétaires devraient elles aussi baisser à 5.395,8 milliards DA contre 6.289,7 milliards DA dans la LF initiale

Parmi les modifications prévues dans le cadre su PLFC 2020 au plan des principaux agrégats et indicateurs macroéconomiques et financiers :

– Le prix fiscal du baril de pétrole passerait de 50 à 30 dollars tandis que le prix du marché passerait de 60 à 35 dollars.

– Les recettes budgétaires diminueraient à 5395,5 milliards de dinars (mds DA) contre 6289,7 milliards DA dans la Loi de finances initiale 2020. La fiscalité pétrolière budgétisée dans le PLFC 2020 s’élèverait à 1394,7 milliards DA alors que les ressources ordinaires se situeraient à 4001,1 milliards DA.

– Les dépenses budgétaires se situeraient à 7372,7 milliards DA, contre 7823,1 milliards DA votées dans la Loi de finances initiale. Ces dépenses se ventilent en 4752,4 mds DA en dépenses de fonctionnement et en 2620,3 milliards DA en dépenses d’équipement.

– Les dépenses de fonctionnement (hors masse salariale et hors transferts sociaux) baisseraient de 141 milliards DA (environ -3%) soit -150 mds DA de baisse de dépenses courantes et + 9 milliards DA pour couvrir l’impact de la revalorisation du SNMG.

– Les dépenses d’équipement baisseraient de 309 milliards DA (-10,5%) en passant de 2929,7 milliards DA à 2620,3 milliards DA.

– Un déficit budgétaire de 1976,9 milliards DA, soit -10,4% par rapport au PIB, contre -1533,4 milliards DA prévu dans la Loi de finances initiale pour 2020 (-7,2% du PIB).

– Les importations de marchandise-FOB (hors services non facteurs) baisseraient, en valeur courante, de 4,7 milliards de dollars pour atteindre 33,5 milliards de dollars, alors les importations de services baisseraient, en valeur courante, de 2,3 milliards de dollars.

– Les exportations d’hydrocarbures devraient atteindre 17,7 milliards de dollars à la fin de l’année 2020 contre 35,2 milliards prévues dans la LF 2020.

– Le solde de la balance des paiements prévu pour l’année 2020 s’établirait à -18,8 milliards de dollars contre -8,5 milliards prévu dans la Loi de finances initiale pour 2020.

– Le solde du Trésor devrait atteindre -2954,9 mds DA, représentant -15,5% du PIB dans le PLFC pour 2020, contre -2435,6 milliards DA prévu dans la LF initiale pour 2020 (–11,4% du PIB).

– La croissance économique prévue dans le PLFC, serait négative, elle s’établirait à -2,63% contre 1,80% prévue dans la loi de finances initiale.

– La croissance économique hors hydrocarbures se situerait à -0,91% contre 1,78% dans la loi de finances initiale.

Sur le plan législatif :

– Augmentation de la taxe sur les produits pétroliers (TPP) ou assimilés de 3 dinars/litre pour les trois catégories d’essence et de 5 dinars/litre pour le gasoil.

– Augmentation de la valeur de la taxe (timbre) appliquée aux transactions de véhicules neufs.

– Remplacement de l’impôt sur le patrimoine par l’impôt sur la fortune, avec élargissement du champ des personnes auxquels il sera imposé et l’augmentation de sa valeur selon un barème progressif. Le taux actuel fixé à 0,1% sur tout patrimoine dont la valeur dépassait 100 millions de DA sera remplacé par un barème progressif avec un taux de 0,15% pour le patrimoine dont la valeur variée entre 100 et 150 millions de DA, de 0,25% pour le patrimoine dont la valeur variée entre 150 et 250 millions de DA, de 0,35% pour le patrimoine dont la valeur variée entre 250 et 350 millions de DA et de 0,5% si la valeur du patrimoine variée entre 350 et 450 millions de DA.

– Reconduction, jusqu’à 2025, de l’abattement de 50% en matière d’IRG et d’IBS, au profit des revenus réalisés dans les régions du Sud, et ce à compter du 1er juin prochain.

– Réorganisation et reformulation du régime de l’Impôt forfaitaire unique (IFU), en annulant le régime de la déclaration contrôlée pour les métiers non commerciaux, à l’instar des avocats.

– Exonération totale de l’IRG pour les revenus n’excédant pas 30.000 DA par mois applicable à compter du 1er juin prochain.

– Révision du seuil du SNMG passant de 18.000 DA à 20.000 DA au bénéfice des bas revenus. Cette mesure prend effet à compter du 01 juin prochain.

– Suppression de la règle de répartition du capital social 49/51%, à l’exclusion des activités d’achat et revente de produits et celles revêtant un caractère stratégique.

– Annulation du droit de préemption de l’Etat, sur toutes les cessions d’actions ou de parts sociales réalisées par ou au profit d’étrangers, prévu dans le LFC 2010 et la loi 16-09 relatifs à la promotion de l’investissement.

– Annulation des dispositions obligeant le financement des investissements étrangers par recours aux financements locaux.

– Instauration d’un nouveau régime préférentiel visant à relancer les industries mécanique, électronique et électrique, à travers des exonérations fiscales et l’exemption des droits de douane, mais en écartant les collections destinées à l’industrie de l’assemblage et montage automobiles (CKD).

– Exonérations des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée, pour une période de deux (02) ans renouvelable, pour les composants et matières premières importés ou acquis localement par les sous-traitants.

– Autorisation des concessionnaires automobile à importer des véhicules neufs mais avec un nouveau barème des droits de douanes et augmentation des taxes sur les véhicules neufs.

– Introduction de nouvelles incitations au profit des startups.

– Transfert de la propriété des locaux réalisés, à titre gracieux, dans le cadre de l’Agence national de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ) vers le patrimoine privé des communes en vue de leur exploitation et la garantie de leur attractivité économique.

– Introduction des mesures d’aide exceptionnelles destinées aux secteurs économiques face à la pandémie de Covid-19 et prolongation des délais des déclarations fiscales et douanières pour les entreprises.– Révision à la baisse du montant minimum en devises soumis à la déclaration douanière de 5.000 euros à 1.000 euros.