la ville nouvelle Ali-Mendjeli de constantine, 25 ans après

Une méga cité en quête d’identité

Liberté, 23 mai 2020

Traversée par un gigantesque chantier où s’amoncellent, sur près de trois kilomètres, des montagnes de rebut de ferraille et de béton, l’artère principale de la ville Ali-Mendjeli ressemble à un champ de bataille.

Inaccessible, la nouvelle ville Ali-Mendjeli n’est plus ce lieu privilégié de la vie urbaine promis. Encore moins un centre aux fonctionnalités multiples, vitrine d’excellence d’une métropole en devenir. Ses concepteurs n’avaient pas prévu, en effet, qu’une ligne de tram éventrer la cité. Repoussé à maintes reprises pour cause de retard dans les travaux, le projet d’extension de la ligne de tramway de Constantine vers Ali-Mendjeli peine à fixer une échéance. Mais les désagréments causés par ce chantier ne sont que la résultante des anachronismes de gestion qui ont prévalu à l’intendance de la chose publique dans cette ville, demeurée pendant des années sans filiation administrative.
Promue au rang de circonscription administrative au mois de septembre dernier, la désormais wilaya déléguée d’Ali-Mendjeli est tenue de relever d’innombrables défis liés aux doléances légitimes et urgentes de ses habitants.

Au-delà donc de ses missions originelles, le wali délégué devra d’abord démêler un inextricable legs, pallier le manque d’équipements publics, d’aires de jeux et de loisirs, d’espaces verts, d’infrastructures sportives et culturelles avant d’engager une véritable mise à niveau de son socle urbain.
Avec une superficie de près de 4 400 ha, une population qui avoisine les 450 000 habitants et un parc immobilier d’environ 90 000 logements, la ville Ali-Mendjeli est constituée de vingt unités de voisinage (UV) composées d’îlots d’habitation et de deux extensions (Sud et Est).

Un labyrinthe grandeur nature où il est difficile de se retrouver, y compris pour ses propres habitants, de par l’inexistence de plaques de signalisation et d’une toponymie officielle, si l’on excepte quelques dénominations d’équipements importants, à l’image des universités de Constantine 2 et 3 respectivement Abdelhamid-Mehri et Salah-Boubnider ou encore l’hôpital militaire régional Abdelaali-Benbaatouche.

New York …Kandahar

Au sein des unités de voisinage, “certaines cités portent carrément le nom du promoteur immobilier, voire les appellations des quartiers d’origine ou même des bidonvilles dont sont issus leurs occupants”, nous confie Lokmane, un habitant de la nouvelle ville Ali-Mendjeli. On y trouve “Bardo, Fedj Errih, Tindouf, El-Firma, New York, Kandahar, El-Kahira, Hay Laarayess…”.
“Les aires de loisirs, les espaces verts, les stades de proximité, les infrastructures sportives ou d’animation pour jeunes sont
quasi inexistants dans la plupart des unités de voisinage alors que les quelques structures existantes se trouvent dans un état lamentable”, soutiennent les jeunes d’Ali-Mendjeli, qui attendent depuis des années la réception des projets de la piscine semi-olympique et du stade de 3 000 places. Les travaux de la piscine, dont l’inscription remonte à plus de dix ans, sont pratiquement à l’arrêt alors que sa réception avait été fixée à l’été passé. Cela, au moment où les parties réalisées ont subi de graves dégradations. Il en est de même pour le chantier du stade de 3 000 places qui semble être totalement à l’abandon.

À l’UV 16, qui compte à elle seule près de 20 000 habitants, comme à l’UV 18, la plus importante en termes de superficie, jeunes et enfants se plaignent de l’inexistence d’espaces de détente ou de pratique sportive, assistant impuissants aux affectations des assiettes foncières encore disponibles à la périphérie de leurs cités à des promoteurs et investisseurs dans le secteur commercial notamment. Tel est le cas à l’UV 10 où l’on peut distinguer une clôture autour d’une importante poche devant abriter, selon les riverains, un projet de mall, le plus grand d’Afrique, dit-on. Un projet qu’ils récusent d’emblée soutenant que la présence d’un tel édifice en milieu urbain corrompt leur quiétude.
Le transport à l’intérieur de la nouvelle ville dépend du bon vouloir des taxieurs clandestins qui se sont imposés dans ce créneau comme l’unique alternative pour les usagers dans leurs déplacements entre différentes UV, distantes parfois de plusieurs kilomètres ou encore entre ces dernières et la station intermédiaire du tramway ainsi que les centres commerciaux. Les clandestins sont même parvenus à mettre en place une sorte d’intendance “syndicale” pour organiser les stationnements et services qu’ils proposent devant les défaillances des transports en commun et le refus des taxieurs légaux d’assurer des courses peu rentables sinon d’imposer une tarification exorbitante.
Des stations ostentatoires des taxis clandestins ont vu le jour en différents endroits alors que les prestataires n’y vont pas de main morte et comptent même entamer des démarches en vue d’obtenir des autorisations exceptionnelles pour exercer sans être inquiétés par la police. Seul bémol, pour les usagers, les bus assurant les dessertes entre la gare routière de l’UV 2 et la station du tramway à l’entrée de la ville, lequel trajet peut s’avérer quand même très long puisque les transporteurs en commun sont tenus de respecter un itinéraire à travers plusieurs unités de voisinage. En attente donc de l’achèvement des travaux de la deuxième tranche du projet d’extension du tramway qui ralliera plusieurs points de la ville nouvelle, ses habitants devront prendre leur mal en patience.
En quête d’identité, la nouvelle circonscription d’Ali-Mendjeli semble esquisser son devenir autour des activités commerciales qui lui ont redonné une vitalité impétueuse. L’installation de grandes surfaces commerciales et de tant d’autres supérettes et commerces, aussi divers qu’achalandés, a grandement participé à faire de la ville nouvelle, une destination de choix pour les consommateurs constantinois et même d’autres wilayas limitrophes. “On y vient même de Tunisie”, assure un commerçant.

Le brassage identitaire des Universités de Constantine 2 et 3 et des cités universitaires est également pour quelque chose dans le dynamisme débordant qu’elle connaît.

Une ville qui redécouvre la vie nocturne enfreignant les rites de la cité mère, Constantine, et démystifiant les clichés de sa dangerosité. “Elle n’est ni plus ni moins délinquante que d’autres métropoles du pays”, rassure Azzouz, un retraité habitant à l’UV 6.

Une réputation de Bronx

À tort ou à raison, le nom de la nouvelle ville a été lié durant de longues années à la délinquance et au banditisme. Une réputation de cité coupe-gorge qui s’est accentuée depuis 2013, après le double assassinat de deux enfants, Haroun et Brahim, dans des conditions atroces et 2014, suite aux violences inouïes entre bandes rivales qui ont duré plusieurs jours. Deux événements regrettables largement médiatisés instaurant par la même occasion un climat d’insécurité et de peur parmi les habitants d’Ali-Mendjeli eux-mêmes. Selon ces derniers, la couverture sécuritaire de la ville est restée insuffisante pendant longtemps au moment où la tendance à la criminalité et au banditisme était à la hausse. “La situation s’est nettement améliorée ces trois dernières années après la mise en service de plusieurs sûretés urbaines et le renforcement de la présence policière dans les différentes unités de voisinage”, témoignent-ils.
Un climat qui favorise le phénomène de trafic de drogues et de psychotropes. “Je crains qu’Ali-Mendjeli ne devienne une plaque tournante régionale de ce trafic. Il n’y a qu’à voir l’âge et le nombre de jeunes qui se shootent avec ces saletés et les commercialisent à longueur de journée et au su et au vu de tout le monde”, nous dit Lounis, un enseignant résidant à Ali-Mendjeli.

Insécurité

Pour le chef de sûreté de wilaya, Abdelkrim Ouabri, “l’évocation de la nouvelle ville Ali-Mendjeli renvoie indubitablement à sa population qui avoisine les 500 000 âmes, sans parler de la population flottante qui dépasse les 800 000 personnes qui proviennent quotidiennement de Constantine et des wilayas limitrophes attirées particulièrement par les Malls et grandes surfaces qui s’y trouvent. C’est une ville très animée pendant la journée et qui veille tard aussi, contrairement aux autres localités. On peut y acheter du pain à 23h”. Concernant la couverture sécuritaire d’Ali-Mendjeli, le premier policier de la wilaya de Constantine dira : “Il y a quatre années, il n’y avait que deux sûretés urbaines qui couvraient l’agglomération. Aujourd’hui, ce sont pas moins de onze sûretés urbaines opérationnelles en plus d’une BMPJ et d’une CIR (compagnie d’intervention rapide). Récemment, nous avons procédé à la mise en service d’une sûreté de daïra à Ali-Mendjeli, qui donnera un plus à la cohésion et à la coordination entre les différentes sûretés urbaines. Et avant l’ouverture des dernières sûretés urbaines, nous avons également délocalisé la BRI et la BRB de la sûreté de wilaya vers la nouvelle ville Ali-Mendjeli qui ont réalisé un excellent travail et continuent à le faire puisqu’ils s’y sont installés. L’on peut donc dire que l’on avance progressivement vers une couverture sécuritaire totale de cette ville.”
Lui aussi reconnaît que la délinquance et le banditisme les plus répandus à la nouvelle ville Ali-Mendjli sont la consommation et le trafic de drogue. “Un fléau qui prend de l’ampleur. Le port d’armes prohibées était également répandu dans cette ville, mais il a diminué de manière significative au même titre que la petite délinquance, tels les vols à la sauvette.” Le plus important pour M. Ouabri est de procurer un sentiment de sécurité chez les citoyens d’Ali-Mendjeli.
Le chef de sûreté de wilaya estime qu’“il ne faut pas croire que l’indiscipline est le propre d’Ali-Mendjeli, qui demeure quand même une ville où il y a énormément de mouvement de par sa vocation commerciale. Ce qui explique notre déploiement soutenu dans cette cité. Et nous ne pouvons pas dire non plus que nous maîtrisons totalement la situation sécuritaire dans cette ville, mais à travers notre présence sur le terrain, le travail de recherche qui se fait et le suivi des plaintes des citoyens, nous voulons tisser une complémentarité pour un même objectif : la sécurité et le bien-être de tous”.

Reportage réalisé par : Kamel Ghimouze


Abdelwahab Bouchareb, professeur d’architecture à l’université de Constantine 3

“Ali-Mendjeli est une kyrielle de bâtiments décontextualisés”

La ville nouvelle Ali-Mendjeli continue d’évoluer à sa manière… anarchique. “Un quart de siècle après son lancement, il est impératif de reprendre le contrôle à travers l’adoption d’une vision urbaniste inclusive et intégrale”, préconise le professeur d’architecture Abdelwahab Bouchareb.

Liberté : Vous avez déclaré à propos de la ville nouvelle Ali-Mendjeli que “l’absence d’une vision urbaniste favorise le kitsch urbain”. Peut-on attester de la pertinence de ce constat, 25 ans après le lancement de cette ville nouvelle ?
Abdelwahab Bouchareb : En fait, nous constatons actuellement que la ville nouvelle Ali-Mendjeli est davantage une juxtaposition qui atteste également de l’esprit concurrentiel qui prévaut dans l’épreuve managériale fortement attachée au marketing et qui privilégie l’image au détriment du fond. Ainsi, en l’absence d’un plan directeur, le laisser-faire reproduit une kyrielle de bâtiments décontextualisés. Aujourd’hui, l’engouement envers les hyper-centres commerciaux ne fait que prolonger ce kitsch. Il faut également préciser que l’urbanisme tend de plus en plus à se détacher dans la pratique du métier de l’architecte. À l’heure actuelle, l’urbanisme est transdisciplinaire. Il faut préciser qu’avec le système LMD, la formation des architectes ne se penche que sur l’architecture, la formation en gestion et techniques urbaines est consacrée à la gestion (une sorte de service après-vente). Or, l’urbanisme a pour mission aussi la conception des villes et des quartiers pour aboutir à des produits harmonieux et cohérents. Dans tous les cas de figure, il est impératif de reprendre le contrôle à travers l’adoption d’une vision urbaniste inclusive et intégrale.

Plusieurs programmes dits de requalification et de mise à niveau de cette ville ont été initiés par les pouvoirs publics ces dernières années. Ont-ils impacté de manière significative l’amélioration du cadre de vie de ses habitants ?
Il me semble que les impacts des programmes et des opérations ne sont pas ressentis, du moins pour le moment, à l’échelle de la ville nouvelle Ali-Mendjeli. À mon avis, les chantiers dont elle fait l’objet depuis quelque temps, particulièrement le projet de tramway, et l’entrée à partir de l’autoroute ne favorisent pas une évaluation objective. Cependant, les programmes localisés destinés aux habitants au niveau des unités de voisinage apportent leurs lots de satisfactions chez les habitants concernés.

Pensez-vous que le cadre matériel a dépeint sur le contenu social de cette ville nouvelle tant les clichés admis, y compris par ses propres habitants, lui confèrent une réputation de Bronx ?
Ali-Mendjeli n’a pas échappé aux clichés qui accompagnent tout nouveau cadre urbain. Les questions relatives à la criminalité sont réelles et c’est un fait. Mais quelles sont les différences en matière de faits divers par rapport aux autres villes ? C’est vrai, il y a eu des intermèdes dramatiques qui ont apostrophé l’opinion publique, certes. Mais cette médiatisation a collé à la ville nouvelle Ali-Mendjeli une image abjecte et sauvage.
Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que la population provient d’un relogement dans le cadre de la résorption des bidonvilles. Il n’y a eu qu’une délocalisation-relocalisation des habitants. Durant les premiers moments, les réflexes étaient restés les mêmes, avant que les jeunes adolescents ne comprennent qu’ils doivent s’adapter à un cadre social et économique nouveau.
Il y a bien également un travail rigoureux de la part des services qui a accéléré l’instauration d’un sentiment de sécurité. Il faut également préciser que l’ampleur des investissements commande des mesures adéquates en matière de sécurité.

Une vitalité débordante caractérise néanmoins cette ville, s’agissant des activités commerciales qui prennent de l’ampleur et semblent esquisser sa vocation, alors que la dimension socioculturelle est quasi inexistante ?
Avant d’aborder cette vocation commerciale, il s’agit de préciser que cette ville est exclusivement jeune. Elle compte deux grandes universités, lieux de résidence de jeunes couples et locaux des fonctions libérales (jeunes médecins, avocats, notaires…). Cela dit, cette ville est jeune. Je me demande si ce n’est pas la ville qui abrite la population la plus jeune en Algérie.

Il va de soi que les activités commerciales correspondent à la vitalité de cette jeunesse. La mode vestimentaire, le commerce de l’électronique, l’informatique et la téléphonie, les lieux de consommations ont tendance à se projeter en pole position dans les demandes et à se multiplier dans la ville nouvelle. Même les services sont tenus par les jeunes. Il y a, et il faut vraiment le souligner, une jeunesse qui n’a aucun complexe à assurer des activités jadis boudées. Ce sont des vendeurs, des revendeurs, ce sont traiteurs, des démarcheurs. Il y a beaucoup de magasins qui informent leur clientèle sur les nouveaux arrivages des produits. D’autres qui vendent en ligne.

En la matière, la ville donne l’image d’un grand bazar…
C’est un grand bazar qui semble être une niche de la mondialisation-globalisation. Les produits “made in” sont disponibles, au grand plaisir d’une jeunesse qui aspire à vivre le temps universel.
La dimension socioculturelle peut sembler être reléguée aux calendes grecques. Mais ce domaine doit s’adapter à cette vitalité. Ce qui manque aujourd’hui, ce sont les espaces de loisirs, de culture et de sport, car dans la politique, ce domaine relève des pouvoirs publics.
La ville nouvelle est un cadre favorable à l’investissement. Alors, pourquoi pas l’investissement dans le secteur de la culture, des loisirs et des sports ? Sur ce plan, il y a des restaurants gastronomiques qui se sont spécialisés dans les mets traditionnels, des traiteurs de confiseries et de gâteaux constantinois, et même des épiceries fines. Cette jeunesse de la ville nouvelle a et aura besoin de loisirs. Il y a lieu d’instaurer ces espaces correspondant à leurs aspirations (salles de cinéma, salles de sport, théâtres…).

Dans quelle mesure la ville Ali-Mendjeli peut-elle capitaliser les attributs de cet acquis, ville des sciences par exemple ?
Ces deux universités insèrent la ville vouvelle Ali-Mendjeli dans une trame
géographique : nationale (des étudiants qui viennent de toutes les wilayas), régionale (des étudiants africains) et même du Proche-Orient et internationale. Cette visibilité offre une opportunité pour capitaliser ces attributs et étoffer cette vocation tertiaire supérieure. C’est l’économie des savoirs et de la connaissance, de la formation.
Il y a dans cette proximité ville-université une occasion pour amorcer une ouverture sur l’économie basée sur les innovations, les technologies, la recherche-développement, l’entrepreneuriat, la créativité.
Ces universités sont en mesure, en présence d’un cadre harmonieux, d’accompagner le développement de la ville nouvelle en accompagnant les gestionnaires, les opérateurs économiques et les entreprises dans la concrétisation d’un développement urbain durable, dans l’instauration d’un vivre-ensemble solidaire et équitable.

Plusieurs travaux d’universitaires ont été consacrés au modèle de la nouvelle ville Ali-Mendjeli. Quel a été leur apport dans la prise des décisions par les pouvoirs publics en matière d’aménagement urbanistique ?
Les centres de documentation et la bibliothèque foisonnent de travaux sur la ville nouvelle. Depuis 1990, avant même le lancement des premiers travaux à la ville nouvelle Ali-Mendjeli, les projets d’étudiants portaient un intérêt particulier aux utilités d’une ville nouvelle, du modèle urbain, du mode d’habitation, des espaces d’accompagnement. Aujourd’hui, ce sont des thèses de magister et de doctorat qui traitent des problématiques de la durabilité, de l’accessibilité, de la mobilité, de l’identité urbaine en gestation et surtout de son devenir prospectif.

C’est dire comment évoluent les thématiques des travaux universitaires avec l’évolution de la ville nouvelle elle-même. Cette attitude traduit tout l’intérêt que portent l’université et les chercheurs à cette ville nouvelle, qui demeure un véritable laboratoire dans lequel et sous nos yeux s’accomplit un phénomène urbain dans sa forme la plus brutale.
Mais ces travaux n’ont été ni valorisés ni servis pour pallier les malfaçons.
Il se peut que le statut administratif de la ville nouvelle Ali-Mendjeli de l’époque, imprécis, n’ait pas favorisé cette relation université-secteur socioéconomique.

Vous êtes pour une mise en place d’un observatoire pluridisciplinaire de spécialistes devant accompagner les pouvoirs publics dans leurs projections futures pour cette ville. Peut-on connaître les missions de cet observatoire ?
Nous avons accompagné cette ville nouvelle depuis sa naissance. Nous observions son évolution du coin de l’œil. Depuis le temps des géographes, suivi par celui des architectes chargés de la conception des immeubles, puis celui des politiques et des décisions de relogement des habitants des quartiers insalubres, celui des habitants qui donnent vie à la ville (M. Cote), nous sommes aujourd’hui au temps des chercheurs. La mission de ces derniers consiste à problématiser le présent, à prospecter l’avenir, à étudier les détails d’urbanisme, à chercher comment réajuster le cadre urbain aux aspirations présentes et anticiper sur l’avenir.
Aujourd’hui, la ville nouvelle Ali-Mendjeli a l’âge d’une génération ; il y a désormais des natifs d’Ali-Menjeli. Ils ont une histoire, elle correspond au temps vécu dans cette ville. Ils ont des réminiscences. La ville nouvelle a son Histoire, celle de cette première génération. Dans ce même cadre d’observatoire urbain et dans les circonstances actuelles de pandémie, il y a lieu d’évoquer les possibilités de se pencher sur la résilience urbaine. Cette dernière, du ressort de l’observatoire, s’étudie, se conçoit et se prépare. Dans ce sens, les villes se dotent de ce plan de résilience nécessaire pour assurer une viabilité post-calamités.
Après une période, il faut établir un bilan. Un retour d’expérience s’impose avant de se pencher sur le devenir d’Ali-Mendjeli.

Entretien réalisé par : Kamel Ghimouze