Après l’instruction de re-fermeture des commerces : Colère, inconscience et l’informel à la rescousse

Isma Bersali, El Watan, 06 mai 2020

Suite à l’augmentation du nombre des cas confirmés de Covid-19 et le non-respect des mesures de prévention et d’hygiène, le gouvernement s’est rétracté et a ordonné la re-fermeture des commerces. Cette décision prise dans l’urgence a suscité la colère de plusieurs commerçants, notamment ceux dont les produits mis à la vente sont périssables.

L‘instruction du Premier ministre quant à la fermeture des magasins est entrée en vigueur. Prise très tard dans la soirée de dimanche, beaucoup de commerçants crient à la perte. En parallèle, le phénomène de rush n’est toujours pas maîtrisé.

Suite à l’augmentation du nombre des cas confirmés de Covid-19 et le non-respect des mesures de prévention et d’hygiène, le gouvernement s’est rétracté et a ordonné la re-fermeture des commerces. Cette décision prise dans l’urgence a suscité la colère de plusieurs commerçants, notamment ceux dont les produits mis à la vente sont périssables.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, des commerçants du marché communal de Birkhadem, à l’ouest d’Alger, se sont plaints de la manière brutale dont ils ont fait l’objet pour la fermeture de leurs magasins. «Nous ne sommes pas contre la préservation des vies humaines ni contre les décisions de l’Etat, mais nous avons été pris au dépourvu. Nous avons des produits périssables et une marchandise à coût de millions de dinars.

Pourquoi ne nous avoir pas donné un délai d’une journée ou deux pour nous préparer ? Nous ne demandons rien que de la dignité», s’emporte un des commerçants lésés. En effet, plusieurs commerçants se sont retrouvés avec une marchandise stockée impossible à écouler sur le marché. Les plus touchés restent ceux de la pâtisserie, confiserie et gâteaux traditionnels.

Beaucoup d’entre eux n’ont appris la nouvelle de cette instruction que le lendemain par le biais des gendarmes et agents de police venant leur demander de baisser leurs rideaux. El Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), rapporte justement la colère des commerçants qui disent payer l’inconscience des citoyens, notamment en ce qui concerne la distanciation sociale.

«Des commerçants offraient même des bavettes gratuites à leurs clients et avaient tout mis en place pour le respect des mesures de prévention, mais il leur est impossible d’imposer par la force au citoyen d’être conscient des risques de contamination s’il ne respecte pas la distance sociale.

Les commerçants ont payé pour une erreur qui n’est pas la leur», souligne notre interlocuteur, qui dénonce le tissu de l’informel qui reprend de plus belle malgré cette crise sanitaire. Pour le président de l’ANCA, la conscience des uns et des autres est la seule garante de la protection des vies humaines.

Selon lui, le client ne trouve pas de magasins où faire ses emplettes, mais fait une longue queue en pleine voie publique pour l’achat de qalb ellouz et zlabia, en l’absence totale des conditions d’hygiène. Pour lui, l’attitude des gendarmes et des agents de police n’est pas vraiment condamnable, étant donné qu’ils ne font qu’exécuter les ordres.

Toutefois, il considère qu’il est urgent aujourd’hui de sévir contre ces vendeurs ambulants qui envahissent les quartiers. Pour aider ces intervenants commerciaux, il dévoile une plateforme de propositions, dont les plus importantes sont leur exonération de certains impôts, la création d’une caisse pouvant accorder des microcrédits et les listés en priorité dans l’attribution de locaux commerciaux. Entre-temps, ce sont les ventes en ligne qui connaissent leurs plus beaux jours.