Hausse du SNMG et exonération de l’IRG pour les salaires de moins de 30 000 DA : Quel impact sur le pouvoir d’achat ?

Abdelghani Aichoun, El Watan, 06 mai 2020

En janvier 2010, le SNMG était passé de 12 000 à 15 000 DA, avant d’être revu à la hausse deux années plus tard (18 000 DA). Mais, depuis janvier 2012, le salaire minimum garanti n’a pas bougé. Ce n’est donc qu’à partir de juin prochain, c’est-à-dire huit ans après, qu’il sera augmenté de 2000 DA, c’est-à-dire une hausse inférieure à celles de 2010 et 2012.

A partir du 1er juin prochain, le Salaire national minimum garanti (SNMG) va passer de 18 000 à 20 000 DA. Une hausse de 2000 DA qui est censée améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, notamment des «petits revenus» puisque, à partir de la même date, seront également exonérés d’IRG (Impôt sur le revenu global) tout revenu inférieur ou égal à 30 000 DA.

Certains, s’ils jugent que la hausse de 2000 DA sur le salaire minimum à elle seule est a priori dérisoire, ils s’attendent néanmoins à une conséquence plus importante sur leurs salaires, ceux de moins de 30 000 DA bien sûr, avec cette exonération d’IRG. Néanmoins, ils préfèrent rester prudents, en attendant de voir concrètement comment cette mesure va être traduite sur le terrain.

De plus, au-delà de l’incidence de cette exonération sur cette tranche de salariés, ceux qui ont des salaires supérieurs à 30 000 DA se demandent également s’ils seront touchés avec la même proportion ou non. «Une hausse est toujours importante. Mais pour moi, les 2000 DA du SNMG sont dérisoires. Maintenant, pour l’exonération de l’IRG, on doit attendre pour voir ses répercussions sur le salaire», nous dira un employé d’une APC de la capitale dont le salaire tourne autour de 26 000 DA.

«Selon un responsable de notre administration, j’aurais une hausse globale de près de 6000 DA», nous a-t-il ajouté. Il faut dire que les modalités d’application de cette mesure relative à l’IRG n’ont pas encore été rendues publiques, sachant que le taux de l’IRG des salaires variant entre 10 000 et 30 000 DA était de 20% alors que les pensions des retraités de moins de 20 000 DA en étaient déjà exonérées.

«Je ne sais pas si cette mesure d’exonération sur les moins de 30 000 DA aura des conséquences sur les autres tranches. Moi qui touche 35 000 DA, est-ce que mon salaire ne va pas augmenter avec la même proportion ? Sinon, celui qui touchait 30 000 DA va se retrouver avec un meilleur salaire que le mien qui ne bougerait que légèrement», nous a déclaré un employé d’une société privée qui s’est demandé aussi «si le secteur non étatique va s’y conformer», alors que c’est bien évidemment le cas.

D’autres ont, par contre, estimé que ces deux mesures, hausse du SNMG de 2000 DA et exonération d’IRG pour ceux émargeant à moins de 30 000 dinars, ne sont pas suffisantes et ne correspondent pas surtout à l’inflation dans les prix qu’ont connue les produits alimentaires et autres ces dernières années. «Aujourd’hui, augmenter un salaire de 6000 DA ne représente rien face à la cherté de la vie», nous a indiqué un retraité, pour qui il faudrait une hausse plus conséquente pour relever le pouvoir d’achat des citoyens.

Il faut rappeler, en dernier lieu, qu’entre 2010 et 2020, le SNMG a augmenté en tout, avec cette dernière décision, de 8000 DA. En janvier 2010, il était passé de 12 000 à 15 000 DA, avant d’être revu à la hausse deux années plus tard (18 000 DA). Mais, depuis janvier 2012, le salaire minimum garanti n’a pas bougé. Ce n’est donc qu’à partir de juin prochain, c’est-à-dire huit ans après, qu’il sera augmenté de 2000 DA, c’est-à-dire une hausse inférieure à celles de 2010 et 2012.