Mouvement du Hirak : Plusieurs ONG réclament la libération «immédiate» des détenus

Hocine Lamriben, El Watan, 05 avril 2020

Parmi les signataires figurent la Fédération internationale pour les droits humains, l’Association marocaine des droits humains, la Ligue algérienne des droits de l’homme, le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ)-Algérie, l’association Alter’Solidaire et EuroMed Rights.

Plusieurs ONG des droits humains algériennes et internationales ont appelé, jeudi dernier, les autorités algériennes à la libération «immédiate» des détenus politiques et d’opinion. «Nous appelons les autorités algériennes à libérer immédiatement tous les journalistes leur laissant la liberté et le droit de relater les informations en Algérie ainsi que tous les militants politiques et des droits humains et à arrêter toutes les poursuites judiciaires», ont écrit 20 ONG dans un appel publié sur internet.

Parmi les signataires figurent notamment la Fédération internationale pour les droits humains, l’Association marocaine des droits humains, la Ligue algérienne des droits de l’homme, le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ)-Algérie, l’association Alter’Solidaire et EuroMed Rights. Dans le même appel, ces organisations ont dénoncé «l’acharnement sans précédent» contre les militants et les journalistes alors que le monde entier est focalisé sur la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19.

«Le régime algérien enchaîne, depuis le début du mois de mars, une série de condamnations à l’encontre des militants et journalistes avec des procédures ne respectant point les droits garantis par l’arsenal juridique algérien, à l’instar de la Constitution et du code de procédure pénale, et en flagrante contradiction avec les obligations de l’Algérie en vertu des pactes internationaux» , lit-on dans l’appel. Ces organisations considèrent qu’il «inacceptable de condamner une personne pour ses avis politiques ou pour un devoir journalistique».

«Il est tout autant important de rappeler que ces pratiques liberticides violent les pactes internationaux des droits humains que l’Algérie a jadis ratifiés et demeurent inconstitutionnelles», ont souligné ces associations des droits humains. Rejoignant les appels de «détresse» des avocats et de l’ensemble de la société civile et diaspora algériennes, ces ONG ont condamné «le non-respect du code de procédure pénale algérien, des dispositions de la Constitution algérienne et des normes internationales d’un procès équitable».

«Nous considérons le non-respect du droit à la vie, de l’état de santé de l’inculpé ainsi que l’absence de la défense, la prolongation de la détention provisoire, la condamnation de la liberté journalistique et l’intimidation des journalistes comme une violation du droit que la haute justice algérienne doit condamner ainsi que tous les corps juridictionnels en Algérie», ont-elles dénoncé.

Par ailleurs, plusieurs ONG et associations de journalistes internationales et algériennes ont appelé, jeudi dernier, à la «libération sans délai» du journaliste indépendant Khaled Drareni, «et l’arrêt des poursuites judiciaires à son encontre». Correspondant de Reporters sans frontières et de TV5 Monde en Algérie, directeur du site Casbah Tribune, Khaled Drareni est incarcéré depuis le 29 mars pour «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l’intégrité du territoire national».

Quelque 44 personnes sont actuellement détenues pour des faits liés au hirak, dont 25 à Alger, selon le Comité national pour la libération des détenus, cité par l’AFP. La directrice d’Amnesty International Algérie, Hassina Oussedik, a exhorté, mercredi dernier, les autorités à «libérer les prisonniers d’opinion et d’autres prisonniers exposés au risque de propagation du coronavirus».