9 décembre, journée des Nations unies contre la corruption

9 DÉCEMBRE, JOURNÉE DES NATIONS UNIES CONTRE LA CORRUPTION

La célébration par les associations sera-t-elle encore interdite par les pouvoirs publics ?

Le Soir d’Algérie, 3 décembre 2012

Le 9 décembre, la communauté internationale célébrera la Journée internationale contre la corruption dont ce sera la 9e édition. Elle a été instaurée par les Nations unies en 2004 — une année après la signature par de nombreux pays de la Convention des Nations unies contre la corruption, dont l’Algérie.
Lors des 7 premières éditions, le gouvernement algérien n’avait pas célébré cette journée, continuant de la bouder. En 2011, il osa, via le ministère de la Justice, marquer le coup en tenant une réunion «entre eux», faisant même croire que des représentants de la société civile étaient… présents dans la salle, ce qui n’était pas le cas.

Cette année encore, à l’instar des célébrations précédentes depuis 1994, seuls la société civile et quelques journaux essaieront d’évoquer cet évènement, les pouvoirs publics, une fois n’est pas coutume, se distinguant par la non-autorisation des activités programmées par les associations. «Que pouvez-vous faire contre la corruption ? Votre “non“ compte !» 10 exemples illustrent comment dire «non» à la corruption :
1- Ratifier et incorporer la Convention des Nations unies dans la législation nationale, et surtout veiller à rendre effective l’application de cette législation de prévention et de lutte contre la corruption ;
2 – les pays qui s’attaquent avec succès à la corruption voient leur légitimité considérablement renforcée aux yeux de leur population, ce qui instaure stabilité et confiance ; savoir ce que la Convention exige de votre Etat et de ses fonctionnaires ;
3 – l’éradication de la corruption permet à un pays de se développer socialement et économiquement ; informer le public de l’obligation qui incombe à l’Etat d’être exempt de corruption ;
4 – une justice égale et équitable pour tous est cruciale pour la stabilité et la croissance d’un pays. Elle contribue également à lutter efficacement contre la criminalité ;
5 – attirer l’attention du public, des médias et des pouvoirs publics sur le coût de la corruption pour les services essentiels, tels que la santé et l’éducation ;
6 – lorsque les services de base fonctionnent, toute la société y gagne ; apprendre aux jeunes de votre pays ce qu’est un comportement éthique, ce qu’est la corruption et comment la combattre, et les encourager à revendiquer le droit à l’éducation ;
Créer un environnement dans lequel prévaut l’Etat de droit
7 – Elever les futures générations de citoyens dans l’idée que les pays doivent être exempts de corruption est un des moyens les plus efficaces de leur garantir un avenir meilleur ;
8 – signaler les cas de corruption ;
9 – il faut créer un environnement dans lequel prévaut l’État de droit ; refuser de participer à toute activité qui ne soit ni légale ni transparente ;
10 – accroître les investissements tant nationaux qu’étrangers. Tout le monde préfère investir dans un pays dont on voit que les fonds ne disparaissent pas dans les poches de fonctionnaires corrompus ; favoriser la stabilité économique en pratiquant la tolérance zéro vis-à-vis de la corruption. Un milieu d’affaires transparent et ouvert est la pierre angulaire d’une démocratie solide
Djilali Hadjadj

LANCEMENT MONDIAL DE L’INDICE DE PERCEPTION DE LA CORRUPTION (IPC) LE MERCREDI 5 DÉCEMBRE 2012

Quel sera le résultat de l’Algérie ?

Publié tous les ans depuis 1995 par l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International (TI), l’Indice de perception de la corruption (IPC) exprime les perceptions des acteurs de la vie économique sur les niveaux de corruption affectant la vie publique dans plus de 180 pays.
Sa publication constitue chaque année un événement mondial contribuant à sensibiliser les gouvernements et le grand public aux enjeux de la lutte contre la corruption. L’IPC pour l’année 2012 sera rendu public le mercredi 5 décembre. Pour rappel, dans l’IPC 2011, qui avait été publié le 1er décembre 2011, son indice de perception de la corruption (IPC) pour l’année 2011, 183 pays y figuraient, contre 178 en 2010. L’Algérie avait obtenu la très mauvaise note de 2,9 sur 10, la même que celle de 2010, et la 112e place, reculant de 7 places par rapport au classement de 2010 ! L’Algérie avait fait l’objet de 7 enquêtes et études d’organisations internationales indépendantes, enquêtes qui convergeaient toutes vers les mêmes résultats. L’IPC note les pays de 0 (extrêmement corrompu) à 10 (extrêmement intègre) selon les niveaux de corruption perçus dans le secteur public. Il utilise les données de 17 enquêtes portant sur des facteurs tels que l’application des lois anti-corruption, l’accès à l’information et les conflits d’intérêts. Ces derniers mois ont été marqués non seulement par une explosion des affaires de grande corruption, mais aussi par une totale absence de volonté politique du pouvoir à lutter contre la corruption. Le très net recul de 7 places en 2011 était révélateur de l’aggravation de la situation qui prévaut en Algérie en matière de gouvernance. Il faut préciser par ailleurs qu’une note inférieure à 3 sur 10 signifie l’existence d’un haut niveau de corruption au sein des institutions de l’Etat. Quel sera le résultat de l’Algérie pour 2012 ?
D. H.