Baisse des importations de produits alimentaires de 15% en janvier

Alors que le déficit de la balance commerciale était de 792 millions

A. Maktour, Le Soir d’Algérie, 28 mars 2020

La facture d’importation des produits alimentaires n’a atteint «que» 625,84 millions de dollars en janvier dernier, c’est-à-dire 111,82 millions de dollars de moins que lors du même mois de l’année dernière, selon la Direction générale des Douanes algériennes.
Il y a quelques jours, la banque de données des douanes faisait état du déficit de la balance commerciale de l’Algérie d’un montant de 791,74 millions de dollars en janvier dernier, le résultat des exportations qui avaient atteint 2,305 milliards de dollars et des importations qui s’élevaient à 3,097 milliards de dollars. Il s’avère, selon les tout derniers chiffres des douanes, que de cette facture d’importation, un montant de 625,84 milliards de dollars a été payé pour les produits alimentaires qui, lors du même mois en 2019, avaient coûté 737,66 millions de dollars. L’Algérie ayant donc acheté pour 111,82 millions de dollars de moins en janvier 2020 que durant le même mois en 2019. Une baisse de la facture d’importation des produits alimentaires qui s’explique, tout comme c’était le cas l’année dernière, par la diminution des achats de lait, des produits laitiers, des céréales, des sucres et des légumes. Exactement la tendance générale constatée tout au long de l’année dernière, lorsque la facture d’importation des produits alimentaires avait diminué de près de 6% sur les 12 mois en passant de 8,07 milliards de dollars contre 8,57 milliards de dollars pour l’année 2018, enregistrant donc une baisse de plus d’un demi-milliard de dollars. Une réduction de la facture due principalement aux instructions des pouvoirs publics de revoir à la baisse les importations de ces produits.
Les pouvoirs publics qui, par la voix du premier magistrat du pays, ont fait de la réduction de la facture des importations une priorité dans la stratégie de relance de l’économie nationale imaginée par Tebboune, avant que viennent presque tout remettre en question le coronavirus et son impact notamment sur la rente pétrolière du pays qui a déjà enregistré un manque à gagner d’environ 1 milliard de dollars entre janvier et février derniers.
En janvier dernier donc, l’Algérie a poursuivi sur la même tendance en important 15% de moins en produits alimentaires qu’au même mois de l’année dernière ; un montant de 625,84 millions de dollars contre 737,66 millions. Les céréales, semoule et farine, qui représentent 27% des achats de l’étranger, ont valu une facture de 167,96 millions de dollars en janvier dernier, alors que 248,08 millions de dollars avaient été payés durant le même mois en 2019 pour les mêmes produits, soit une baisse de 80,12 millions de dollars (-32,30%). Les importations de lait et de produits laitiers ont valu une facture moindre de 10,16 millions de dollars en janvier dernier que durant le même mois de l’année d’avant, 123,95 millions de dollars contre 134,11 (-7,58%). Les achats de sucre et de sucreries ont également reculé en janvier dernier pour totaliser 53,95 millions de dollars, alors qu’une année plus tôt, ils étaient de 61,07 millions de dollars (-11,67%), tout comme cela a été le cas pour les légumes qui ont baissé de 4,47%, totalisant 45,33 millions de dollars contre 47,45 millions. Des économies sur lesquelles ne peuvent pas cracher les gestionnaires de nos réserves de change qui n’en finissent pas de s’éroder à un rythme qui a de quoi inquiéter par ces temps où l’investissement devant booster la production locale n’arrive pas à dépasser l’étape des intentions et du discours sans lendemain. En attendant, on se contentera donc de baisses par-ci par-là de la facture d’importations, comme cela a été le cas en janvier dernier. Ainsi, une baisse de moindre ampleur que pour les céréales, le lait et les produits laitiers a été enregistrée pour d’autres produits alimentaires tels le café, le thé et les épices qui ont atteint 32,61 millions de dollars, une baisse de 4,87% comparée au même mois en 2019, ou encore les viandes qui ont enregistré une baisse de près de 9,5%.
Des baisses qui ont, heureusement pour nos réserves de change, compensé dans une bonne mesure des augmentations de la facture comme cela a été le cas des fruits comestibles (fruits frais ou secs), qui sont montés à 36,10 millions de dollars alors que la même facture se chiffrait à 16,85 millions de dollars en janvier 2019, c’est-à-dire une vertigineuse hausse de 114,19%, selon les statistiques de la Direction des douanes. Les importations de résidus et déchets des industries alimentaires, dont les tourteaux et autres résidus solides, des animaux vivants ont également progressé en janvier dernier pour atteindre, respectivement, 43,59 millions de dollars (+18,10%) et 16,36 millions de dollars (+28,78%), alors que les 16,36 millions de dollars dépensés pour l’importation des animaux vivants a entériné une hausse de +28,78%. Quant aux importations des médicaments pour la vente en détail (classés dans le groupe des biens de consommation non alimentaires), elles ont enregistré une hausse de 19,49% en s’établissant à 71,67 millions de dollars contre 59,98 millions de dollars en janvier de l’année dernière. Il reste à savoir maintenant quel impact aura la crise sanitaire mondiale sur nos importations de produits alimentaires, surtout que les marchés se retrouvent sous l’emprise d’un dérèglement qui finira, comme le laissent entendre beaucoup d’analystes, par faire monter les prix à des niveaux, pour certains produits tels les céréales, qui se feront sentir sur les quantités à importer dans certains pays, à l’instar de l’Algérie.
Azedine Maktour