La révolution pacifique ne mourra pas avec la suspension des manifestations

Nadjib Belhimer, RadioM, 14 mars 2020

Il reste six jours avant le prochain vendredi. Au cours de ces six jours, de nouveaux cas seront annoncés et peut-être des décès du fait du coronavirus dont nul ne peut contester la réalité de son expansion et sa dangerosité, à plus forte raison avec un système sanitaire fragile et sous-développé.

Jusqu’à présent, les autorités n’ont pas pris des mesures sérieuses pour faire face à la situation. La plupart des vols de et à destination de la France sont maintenus alors que ce pays, considéré actuellement comme un des plus importants foyers dans le monde, est la première source de diffusion du virus en Algérie.

Les autorités se sont contentées d’avancer les vacances scolaires d’une semaine. Pour le reste, on ne voit nulle trace de mesures préventives: les Algériens continuent d’utiliser intensément les transports publics, ceux qui viennent des autres pays par voie aérienne et terrestre ne font l’objet d’aucun contrôle sérieux; les pouvoirs publics n’ont rien dit non plus à propos des mosquées, de salles de fêtes et les autres lieux de rassemblements confinés qui offrent toutes les conditions d’une propagation de la maladie.

La priorité aujourd’hui est de prendre les mesures qui protègent les Algériens de cette maladie à travers la prévention. Nous n’avons pas les moyens de prendre en charge un nombre important de malades en cas d’expansion du virus. Faire de ce défi une carte politique pour empêcher les manifestations et annoncer la fin de la révolution pacifique est une preuve de plus du mépris avec lequel ce pouvoir médiocre et ses élites tiennent la santé des Algériens.

Une partie de l’offensive grossière subie par les manifestants du 56 eme vendredi révèle que la priorité pour le pouvoir, de ses trompettes médiatiques et de ses élites est d’arrêter les manifestations et non de protéger les Algériens.

La révolution pacifique n’encourt pas de danger si les manifestations s’arrêtent jusqu’à la fin de cette dangereuse crise sanitaire. Même si les manifestations sont l’un des aspects les plus visibles de la révolution pacifique, on ne pas la réduire à cela. Le retour à avant 22 février 2019 sera de toute les façons impossible. La rue que les Algériens ont arrachée par leur lutte pacifique et par leur patience restera ouverte.

Un plus pour la révolution pacifique

Une position rationnelle de suspendre les marches est un plus pour la révolution pacifique. Elle rend ce pouvoir médiocre seul responsable de la dégradation de la situation sanitaire du fait de sa persistance à “importer” le virus de France; sans donner une explication à cette insistance à maintenir les flux par air et par mer avec ce principal foyer de la maladie qu’est l’Europe.

Faire pression sur les pouvoirs publics pour qu’ils traitent la situation avec sérieux, exiger plus de transparence fait partie du combat des enfants de la révolution pacifique. Il leur revient d’inventer de nouveaux moyens de lutte pour concrétiser l’exigence de changer radical et mettre fin à un régime despotique qui s’est exprimé, une nouvelle fois, à travers la vague d’arrestation la nuit dernière contre des militants pacifiques.

La révolution pacifique est une conscience enraciné qui ne peut s’éteindre par la suspension des manifestations. Les Algériens doivent face à cette épreuve difficile unis et solidaires, animés par la volonté de préserver leur pays, et c’est là l’essence de la Silmiya et son but suprême. La révolution pacifique sortira victorieuse de cette épreuve en renforçant son capital moral et mettant à nu davantage ceux qui tentent de faire d’une menace imminente une carte politique pour défendre un régime qui a prouvé, une fois de plus, sa faillite et son impotence.

Article traduit par la rédaction

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