Révision de la Constitution : Tebboune promet un large débat télévisé au Parlement

Rédaction, TSA, 23 Février 2020

L’amendement de la Constitution vise à « édifier un État fort » et à « protéger la société contre les turbulences » qui agitent des pays frères et amis, a soutenu ce dimanche le président Abdelmadjid Tebboune.

« L’amendement de la Constitution vise à édifier un État fort dans lequel les citoyens, égaux devant la loi, exercent leurs droits en toute liberté dans le cadre de la loi », a affirmé le Président Tebboune dans une allocution à l’occasion de la célébration du 30e anniversaire de la création du Conseil constitutionnel, lue en son nom par son conseiller Boualem Boualem, selon le compte rendu de l’agence officielle.

« L’idée d’un amendement profond et global de la Constitution avait été exprimée avant et après l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 en tant qu’étape fondamentale pour l’avènement de la nouvelle République que nous appelons de nos vœux et dans laquelle cet amendement est une priorité », a souligné le président Tebboune.

L’amendement constitutionnel vise également à « appuyer et accompagner le processus d’ouverture de la société algérienne sur la modernité dans le respect de ses valeurs civilisationnelles, tout en œuvrant à la préservation de sa stabilité afin de la protéger contre les turbulences qui agitent les pays frères et amis qui nous entourent et plusieurs autres encore dans un monde en proie à de profonds bouleversements », a souligné M. Tebboune.

L’Algérie s’apprête aujourd’hui à amender sa Constitution suivant une méthodologie « bien étudiée à travers le lancement de consultations avec des personnalités nationales concomitamment à la mise en place du Comité d’experts chargé de formuler des propositions pour une révision constitutionnelle avant le large débat qui s’ensuivra au Parlement et qui sera retransmis en direct à travers différents médias afin que le citoyen y soit associé au même titre que les acteurs politiques et l’ensemble de la société civile », a-t-il ajouté.

Et d’ajouter : « La méthode que nous avons adopté pour la concrétisation de cette vision est basée sur des fondements solides et constants, loin de toute déformation ou improvisation afin de prémunir le pays contre ce dont il avait souffert, notamment les affres du terrorisme et l’instabilité, rejetés catégoriquement par le peuple ».

« C’est dans cette même optique, que l’Algérie a annoncé qu’elle ne ménagera aucun effort en faveur du rétablissement de la paix et de la stabilité et du règlement des conflits aussi bien dans les pays du voisinage, tels le Mali et la Libye que dans toute l’Afrique et dans le monde entier, a-t-il souligné, précisant qu’ »il s’agit là d’un principe ancré dans la politique extérieure de l’État algérien ».

À cette occasion, M. Tebboune a réitéré son engagement à satisfaire les revendications du Hirak « béni » résultats de la nouvelle réalité de notre pays sur les plans politique et socio-économique ».

Il a précisé que le choix de réviser la Constitution « constitue une première étape, dans le cadre d’une vision globale, visant à renforcer le processus d’édification institutionnelle de l’État et à favoriser la libération graduelle de notre société et à maîtriser les standards de modernisation dans le cadre de nos valeurs civilisationnelles. Un choix qui exprime réellement le projet de construction d’une société moderne que nous avons entamé à pas résolus, le projet d’une société basée, avant tout, sur le renforcement de l’harmonie et de l’entente nationales à partir d’une Constitution, dont les fondements font l’unanimité », a-t-il poursuivi.

Ces fondements consistent essentiellement en la protection des libertés et droits des citoyens, la moralisation de la vie publique et la lutte contre la corruption sous toutes ses formes, en sus du renforcement du principe de la séparation et l’équilibre des pouvoirs et la promotion du rôle du Parlement dans l’accompagnement de l’action du gouvernement, le renforcement de l’égalité entre citoyens face à la loi et la consécration des mécanismes d’organisation des élections, la réglementation du champ médiatique et l’amélioration de la gouvernance.