Une conférence de presse de collectifs engagés dans le Hirak empêchée par les autorités à Alger

Yacine Babouche, TSA, 16 février 2020

Une conférence de presse de collectifs engagés dans le Hirak prévue ce dimanche matin à l’hôtel El Biar a été empêchée par les forces de l’ordre, a-t-on constaté sur place.

« Cette conférence de presse a pour objectif de rendre publique une initiative qui est le prolongement de toutes les initiatives qui se sont mises en place depuis deux mois », a indiqué Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, dans une déclaration à TSA.

« Nous voulons aller vers la rencontre de la société civile, du Hirak, pour le 20 février. Nous avons même demandé une salle, notamment la salle Harcha », a-t-il ajouté.

« Malheureusement nous avons été interdits de tenir notre conférence de presse ici à l’hôtel », a déploré le vice-président de la LADDH, précisant que « nous avons décidé de reporter cette conférence au niveau du siège de l’association SOS Disparus à partir de 13h30 ».

« On veut présenter ce qu’on appelle ‘’le manifeste du 22’’. C’est un texte de référence qui reprend l’ensemble des revendications du Hirak et les perspectives de la solution politique, car nous sommes partisans de la solution politique et de la transition démocratique », a indiqué M. Salhi, qui réfute toute volonté de structurer le Hirak.

« Nous n’avons pas vocation de structurer le Hirak ou parler au nom du Hirak. Nous voulons offrir un espace de discussion, d’échange, de jonction entre les dynamiques autonomes du Hirak. Aujourd’hui, personne ne peut prétendre structurer ou parler au nom du Hirak, qui est un mouvement populaire spontané », a affirmé l’intéressé.

« Mais aujourd’hui il faut noter que dans le Hirak il y a des sensibilités et des opinions. Il faut les mettre en connexion pour pouvoir émerger une opinion majoritaire et une feuille de route consensuelle. C’est ce qu’on a commencé depuis des mois, que ce soit avec les sensibilités du Hirak ou avec les activistes », a-t-il fait savoir.

« Notre feuille de route est de traduire le rapport de force qui s’exprime dans la rue, de manière consensuelle et inclusive », a conclu Saïd Salhi.