Financement de projets inscrits au plan d’action : Retour à l’endettement extérieur

Nadjia Bouaricha, El Watan, 15 février 2020

Le recours au financement extérieur se précise. Cette décision adoptée par la loi de finances 2020 sera appliquée par l’actuel gouvernement, mais de quelle manière ? Abdelaziz Djerad a apporté jeudi quelques précisions devant les journalistes en marge de l’adoption de son plan d’action.

Il a ainsi indiqué que l’Algérie optera pour des prêts à long terme à des conditions avantageuses pour financer les projets inscrits dans le plan d’action. Djerad affirme que le choix de l’Algérie se portera sur des financements extérieurs qui ne «touchent pas à la souveraineté du pays». «Nous allons vers l’argent qui existe un peu partout dans le monde sans toucher à notre souveraineté», dit-il en citant la Banque africaine de développement (BAD) ainsi que les Fonds arabes d’investissement. Abdelaziz Djerad affirme que ces institutions «donnent des prêts à très longs termes et avec des taux d’intérêts très faibles, qui ne touchent pas à notre souveraineté et ne remettent pas en cause les fondements de notre politique économique».

Le Premier ministre assure qu’il existe énormément de possibilités s’offrant à l’Algérie lui permettant de réunir beaucoup d’argent. Le même haut responsable indique en outre qu’il y a aussi des possibilités de financements internes. «Nous avons de l’argent qui existe en Algérie qui peut être récupéré à travers les réformes des systèmes bureaucratiques, de la fiscalité et des banques», note-t-il sans omettre d’évoquer l’argent qui est dans le circuit informel représentant «des centaines de milliards».

Ainsi Djerad compte financer son plan d’action à travers le triptyque «réforme fiscale, drainage des capitaux en circulation dans le marché parallèle et finance islamique». Une formule, pour rappel, déjà proposée par l’ancien Exécutif mais qui n’a pas eu grand succès.

A. Djerad arrivera-t-il à capter tout cet argent en circulation en dehors du circuit bancaire ? Il s’est dit confiant devant les interrogations des parlementaires. «Le plan d’action du gouvernement comporte des objectifs clairs, faciles à suivre et évaluer», affirme-t-il.

«Le gouvernement adoptera à court, à moyen et long termes une approche intégrée et globale reposant sur la rationalisation de la dépense publique et la réduction des dépenses de fonctionnement de l’Etat avec une redéfinition des priorités en vertu des lois de finances», justifie le Premier ministre en assurant que son équipe s’attellera à diversifier les ressources financières du pays «par l’augmentation de l’efficacité du recouvrement fiscal, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales ainsi que la révision du système des avantages fiscaux».

Ceci, et de concentrer les efforts du gouvernement sur la mobilisation de ressources supplémentaires dont le captage de l’épargne et la masse monétaire circulant dans le marché parallèle, en sus du développement de la finance islamique.

A. Djerad assure que son gouvernement «n’est pas un gouvernement de fausses promesses, mais un gouvernement de franchise et de vérité».