Le gouvernement veut assainir le pays de « l’héritage désastreux » des années Bouteflika

Fayçal Métaoui, Radio M, 11 février 2020

Le premier ministre Abdelaziz Djerad a donné un titre à son plan d’action, présenté ce mardi 11 février à l’APN, chambre basse du Parlement, « A new deal for a new Algeria » (un nouveau pacte pour la nouvelle Algérie ». Le plan comporte plusieurs axes et actions. Le gouvernement veut, selon lui, assainir le pays de « l’héritage désastreux de la gouvernance des années précédentes ». « Il s’agit de mettre en place de nouvelles pratiques ouvrant la voie à un changement politique et économique auquel aspire le peuple. Le peuple nous demande un changement global du système institutionnel qui est aujourd’hui dépassé, veut émergence de pratique politiques saines et démocratiques réelles, aspire à une gouvernance économique moderne et transparente éloignée de la corruption, le népotisme et de la désinformation », a-t-il déclaré. Le « new deal » s’appuie sur le développement humain, la transition énergétique et l’économie numérique et du savoir. Voici les principales propositions contenues dans le plan d’action dont le résumé a été présenté par le Premier ministre.

Reconquérir la confiance

L’équipe gouvernementale considère que la reconquête de la confiance du peuple comme un défi. Cela passe par des réformes politiques, économiques et sociales. « Le rétablissement et le renforcement de la confiance entre le peuple et ses dirigeants passent par une démocratie basée sur les principes de l’alternance au pouvoir, le respect des libertés individuelles et collectives, la justice sociale et la consolidation de l’Etat de droit »,a-t-il dit.

Moralisation de la vie politique

Il s’agit de redonner « la crédibilité » et de moraliser à la vie politique. « Le gouvernement veillera à introduire une nouvelle culture politique dans la gestion des affaires publique qui rejette toute exclusion et qui s’appuie sur le dialogue », est-il précisé. La lutte contre la corruption se poursuivra avec révision du système législatif dans le but de récupérer les fonds publics détournés et de protéger les dénonciateurs d’alerte. Les peines relatives aux crimes de corruption et de blanchiment d’argent seront aggravées.

Révision des lois et libertés démocratiques.

La loi électorale sera révisée pour introduire des « règles et conditions sévères » en vue de limiter l’influence négative de « l’argent sale » sur la vie politique et de rendre transparents les financements des campagnes électorales et des partis. Il s’agit aussi d’aider à l’émergence d’une nouvelle génération d’élus, de consolider les libertés démocratiques (liberté de création, liberté de manifester), de promouvoir une société civile « libérée des enchaînements administratifs » et de renforcer la liberté des médias.

Rompre avec le système des « quotas » pour les femmes

La promotion de la femme se fera notamment à travers son indépendance économique, « loin du système démagogique des quotas ».

Indépendance de la justice

L’indépendance et la modernisation de la justice sont considérées comme « une priorité » du gouvernement avec la révision « profonde » de tout l’arsenal juridique en vue de limiter le recours abusif à la détention provisoire et renforcer la droit de la défense. Le principe de privilège de juridiction pour les hauts responsables sera revu. Des mécanismes de contrôles seront adoptés pour garantir l’honnêteté des responsables et la gestion saine des deniers publics. Le principale de l’accountability sera imposé dans la gestion des affaires publiques.

Nouvelle politique fiscale

La réforme financière comporte l’adoption d’une nouvelle politique fiscale qui améliore la collecte d’impôts et la lutte contre l’évasion. La lutte contre la surfacturation et fuite des capitaux se poursuivra. Le gouvernement s’engage à exonérer les revenus de moins de 30.000 dinars de l’IRG. Les taxes à faible rendement seront supprimés. Le régime des avantages fiscaux et para fiscaux sera révisé. Un nouveau mécanisme sera adapté pour évaluer et suivre les programmes d’équipement et d’investissement publics.Le système fiscal relatif à l’investissement sera stabilisé. Et le paiement électronique sera généralisé. Des avantages seront accordés pour les exportations hors hydrocarbures avec le soutien de l’appareil diplomatique.

Maintien des prix des produits soutenus

Le gouvernement s’engage de ne pas augmenter les prix des produits de la large consommation soutenus par l’Etat et est décidé à combattre toutes les formes de spéculation, de fraude ou d’atteinte au pouvoir d’achat des algériens « avec tous les moyens légaux ».

Politique agricole durable

L’agriculture rurale, saharienne et de montage sera soutenue. Il s’agit également d’exploiter d’une manière rationnelle le foncier agricole, d’élargir les surfaces irriguées et d’utiliser les nouvelles techniques pour économiser l’eau et l’énergie.

Réduire le chômage à 10 %

Le gouvernement aspire à réduire le taux de chômage à 10 % et à renforcer le salariat. Il est question d’adapter le système scolaire et universitaire aux besoins de l’économie et du marché du travail. Les chefs d’entreprises qui recrutent de la main d’oeuvre bénéficieront d’avantages fiscaux. L’appui à l’économie du savoir et aux Start-up est perçu comme un moyen de créer de nouvelles opportunités d’emploi.

Appui de la production cinématographique

Des mesures incitatives seront adoptées pour encourager la production cinématographique, la distribution des films et l’exploitation des salles. Des programmes de formation aux métiers de cinéma seront lancés avec création du baccalauréat artistique.