Guerre d’Algérie – Shoah : tollé à droite, rétropédalage de Macron

Sonia Lyes, TSA, 25 Janvier 2020

Le président français Emmanuel Macron est revenu ce samedi sur ses propos dans lesquels il faisait le parallèle entre le génocide juif durant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre d’Algérie, récusant toute comparaison et affirmant que l’Holocauste est un « crime absolu qui ne peut être comparé à aucun autre », rapporte le Figaro.

Pour le président de la France, le seul lien qui existe se joue entre « les sujets mémoriels » dans leur ensemble, qui « sont au cœur de la vie des nations », a-t-il estimé. « Qu’ils soient utilisés par certains, refoulés par d’autres, assumés… Ils disent quelque chose de ce que vous voulez faire de votre pays et de votre géopolitique », a avancé Macron.

Évoquant la nécessité de reprendre le travail mémoriel concernant la guerre d’Algérie, Macron avait affirmé jeudi dans l’avion présidentiel qui le ramenait en France depuis Israël que s’il réussit à mener à son terme le travail mémoriel qu’il entend entreprendre, le sujet de la guerre d’Algérie aura, selon lui, « à peu près le même statut que celui qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ».

Jacques Chirac avait été à l’époque le premier président français à reconnaître officiellement la responsabilité de l’État français dans la déportation de plusieurs dizaines de milliers de Français juifs.

Les propos du président français avaient immédiatement fait l’objet d’une vive polémique, dénoncés par la droite et l’extrême droite, traditionnellement hostiles à toute reconnaissance des crimes coloniaux en Algérie.

« C’est de l’indécence. Après avoir qualifié la colonisation de ’crime contre l’humanité’, il fait l’amalgame entre la guerre d’Algérie et le pire génocide de l’histoire humaine ! », a dénoncé Bruno Retailleau chef de file des sénateurs Les Républicains (ex-UMP). Ce dernier a estimé qu’il s’agit d’une « double offense », d’abord pour « les soldats français qui ont combattu en Afrique du Nord et qui se voient assimilés aux bourreaux de la pire espèce », ensuite pour « les victimes de la Shoah puisque cet insupportable rapprochement revient à relativiser la monstruosité qu’a été l’Holocauste ».

L’eurodéputé Les Républicains François-Xavier Bellamy a quant à lui qualifié les propos de Macron d’« Indécence absolue. Ces propos sont à la fois une folie pour l’histoire et la mémoire, et une bombe à retardement pour notre avenir », a-t-il fustigé.

« Comparer la Shoah à la guerre d’Algérie est obscène. Emmanuel Macron est en pleine dérive », a pour sa part estimé la présidente du Rassemblement national (ex-Front national), Marine Le Pen.