Les Américains explorent le potentiel algérien

Mission d’une délégation de l’Agence pour le commerce et le développement (USTDA)

A. Maktour, Le Soir d’Algérie, 25 janvier 2020

De tous les pays partenaires de l’Algérie sur le plan économique, les Etats-Unis ne tiennent sans doute pas le haut du pavé malgré la longue histoire qui nous lie avec les Américains. Un état de fait qui a interpellé des deux côtés pour tenter de remédier à un partenariat, certes pas symbolique, mais qui gagnerait à atteindre des proportions autrement plus remarquables.
Economiquement parlant, donc, les relations algéro-américaines ne sont pas les plus extraordinaires, mais les deux parties veulent apparemment insuffler une nouvelle dynamique et, ainsi, ne plus se contenter, notamment du côté américain, de «miettes» comme c’est le cas dans les échanges commerciaux, tel que le reflètent les chiffres épisodiques des institutions algériennes sur le commerce extérieur comme ceux des douanes, qui datent de pas plus tard qu’il y a quelques semaines, lorsqu’il était indiqué que les Etats-Unis n’étaient, entre janvier et septembre de l’année dernière, que le 4e client de l’Algérie, avec 1,96 milliard de dollars, soit à peine plus de 7% de nos exportations, alors que la destination américaine n’est pas très prisée par nos importateurs. Un reflet indéniable des peu développées relations économiques entre Algériens et Américains auquel ces derniers semblent vouloir remédier si l’on doit se fier à la toute dernière initiative prise du côté US.
En effet, l’ambassade américaine à Alger a fait état d’une visite d’«une délégation de haut niveau de l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) dans le cadre d’une mission destinée à élargir la coopération bilatérale et explorer de nouvelles opportunités pour développer des infrastructures de qualité dans le pays». Il faut savoir que la US Trade and Development Agency (USTDA), comme toutes les agences fédérales américaines, détient un grand pouvoir dans la prise de décision dans la politique économique extérieure des Etats-Unis, elle sert de lien entre le secteur privé US avec les pays en développement et à revenu intermédiaire pour ce qui a trait aux projets d’infrastructure. «L’USTDA accomplit sa mission en finançant des études de faisabilité, une assistance technique et des projets pilotes intégrant l’expertise et l’innovation des entreprises américaines. L’Agence met également en relation des acheteurs étrangers avec des vendeurs américains par le biais de ses missions commerciales inversées, de conférences de l’industrie et d’ateliers. Unique parmi les agences fédérales, l’USTDA a pour mandat de promouvoir la participation de l’industrie américaine aux projets d’infrastructure aux premiers stades critiques de la définition des choix de conception et des options technologiques» , est-il écrit sur le site de présentation de l’agence.
Selon l’ambassade des Etats-Unis à Alger, qui a rendu compte de la visite à travers un communiqué, Carl B. Kress, chef de la délégation et directeur régional de l’USTDA pour le Moyen-Orient, l’Europe et l’Eurasie, a justifié ce déplacement en déclarant : « L’Algérie est un marché à forte croissance qui intéresse de nombreuses entreprises américaines, et l’USTDA peut s’associer à ses homologues algériens afin d’atteindre leurs objectifs de modernisation et d’expansion .» Tel que le lui confèrent ses missions, la délégation de l’USTDA « a exploré les opportunités de projets d’infrastructures durables sur de nombreux marchés pour les entreprises américaines. L’Agence finance également des activités de préparation de projets telles que des études de faisabilité et une assistance technique pour aider l’Algérie à répondre à ses priorités en matière de développement des infrastructures et à créer des partenariats commerciaux réussis et durables entre les entreprises américaines et les promoteurs de projets algériens », est-il expliqué dans le même communiqué où il est fait part de la participation de l’ambassadeur des Etats-Unis, John Desrocher, aux réunions de la délégation avec les principaux représentants des secteurs public et privé pour explorer les possibilités pour l’Agence de soutenir des projets dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications en Algérie. Un déplacement fructueux apparemment puisque la représentation diplomatique américaine affirme que « l’USTDA s’est engagé à financer une visite commerciale similaire aux Etats-Unis afin de répondre à l’intérêt que porte Sonatrach à s’associer à des entreprises américaines qui offrent des technologies, des services et des équipements de pointe dans le monde pouvant soutenir les objectifs de développement énergétique de l’Algérie ».
En tous les cas, pour ce qui concerne le rôle qu’elle aura à jouer dans cette redynamisation annoncée des relations économiques algéro-américaines, l’ambassade des Etats-Unis à Alger s’est engagée à travailler avec des partenaires algériens pour promouvoir la croissance économique durable de l’Algérie, alors que le chef de la délégation américaine ayant séjourné en Algérie, lui, s’est dit « optimiste quant à l’expansion de notre portefeuille dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications, ainsi que la rationalisation de l’introduction d’équipements, d’applications et de services informatiques américains de pointe en Algérie ».
M. Azedine