Siège régional du RCD à Alger : le wali interdit les regroupements, le parti proteste

Sonia Lyes, TSA, 22 Janvier 2020

Les regroupements de militants et manifestants qui ont lieu chaque vendredi au niveau du siège régional du RCD à Alger semblent très peu appréciés par les autorités.

Le wali d’Alger vient de signifier au parti que le siège en question ne doit être utilisé que pour les affaires administratives. « Ce mardi 21 janvier 2020, le Wali d’Alger a cru bon de dépêcher un officier de police au siège régional du RCD, sis au 97 rue Didouche-Mourad, afin de notifier au président du bureau régional, l’inquiétude du premier responsable de la capitale du pays quant aux désagréments qui pouvaient être occasionnés par les regroupements hebdomadaires des militants du parti et de citoyens au niveau de ce siège », informe le RCD dans un communiqué, publié ce mercredi.

Le parti ajoute que « l’agent notificateur, un commissaire de police pour la circonstance (!?), a expliqué et lu la missive au président du BR, monsieur Abdelkader Groucène, en présence de notre député d’Alger, maitre Fetta Sadat, que désormais le siège ne doit être utilisé que pour les affaires administratives ‘conformément au rôle des partis politiques’ ».

Le siège régional du parti, sis à la rue Didouche-Mourad, est devenu un lieu de ralliement de nombreux manifestants lors des marches hebdomadaires du vendredi. A plusieurs reprises, il a été encerclé par les forces de l’ordre afin, semble-t-il, d’empêcher des départs de marches.

« Sidérant! Même, le couple président déchu – Zerhouni, n’a pas osé une telle injonction alors que notre siège a été assiégé à maintes reprises pour nous empêcher de manifester des années durant », dénonce le parti.

« Les sièges du parti, à quelque niveau que ce soit, sont ouverts aux citoyens pour discuter des problèmes du pays, organiser des réunions publiques et la solidarité entre tous les militants politiques et les citoyens qui combattent pour une autre alternative au système politique corrompu et corrupteur. Les pouvoir publics le savent par leurs agents qui encerclent nos sièges que nos bureaux n’abritent pas des délinquants ou des noceurs et que la première protection de nos bureaux est précisément l’œuvre du voisinage », rappelle le RCD.

Le parti met en garde en outre ceux qu’il qualifie d’ « auteurs de la promotion d’une politique de normalisation qui consiste en le débauchage d’acteurs politiques et sociaux par des promesses ».

« Cette voie qui passe inévitablement par l’accentuation de la répression et la fermeture du champ politique et médiatique n’est plus viable », tranche-t-il, en appelant « au regroupement le plus large pour imposer par les moyens pacifiques l’alternative démocratique et l’avènement d’un processus constituant piloté par une conférence nationale inclusive », à « la poursuite de la mobilisation pacifique » et à « la vigilance ».