Santé, agriculture et tourisme: Des investisseurs étrangers intéressés par le marché algérien

R.N., Le Quotidien d’Oran, 19 janvier 2020

Des opérateurs économiques étrangers sont actuellement en quête de partenaires locaux pour investir en Algérie dans les secteurs de la santé, de l’agriculture et du tourisme, a indiqué samedi à Alger le directeur général du Centre arabo-africain d’investissement et de développement (CAAID), Amine Boutalbi. «Nous sommes prêts à attirer près de 500 millions de dollars sous forme d’investissements directs et à ouvrir des perspectives avec plusieurs pays», a fait savoir le même responsable lors d’un point de presse en marge d’une conférence sur les solutions économiques en Algérie.

A titre d’exemple, «quatre investissements étrangers sont en attente pour la création d’établissements sanitaires en Algérie. Nous cherchons aujourd’hui des partenaires nationaux pour permettre la concrétisation de ces projets», a-t-il affirmé. Etayant ses propos, le premier responsable du CAAID a confié que «la représentation diplomatique ukrainienne s’est engagée à attirer plus de 30 investisseurs en Algérie». De plus, «la Chambre de Commerce et d’Industrie jordanienne est prête à convaincre plus de 20 investisseurs de ce pays pour venir investir en Algérie pour 10 millions de dollars», selon lui.

Pour faciliter la concrétisation de ces investissements, M. Boutalbi a souligné la nécessité «que la question de la règle du 51/49 soit tranchée pour permettre aux investisseurs étrangers de comprendre les nouveaux mécanismes d’investissement en toute confiance». Le même responsable a fait savoir que la prochaine édition de la rencontre économique internationale, organisée annuellement par le Centre, se déroulera les 28,29 et 30 mars à Alger avec la présence de près de 300 opérateurs économiques étrangers. «Nous appelons dans ce cadre à ce qu’il y ait des facilitations notamment au niveau administratif en faveur des investisseurs étrangers. Nous souhaitons que le gouvernement et l’ensemble des organismes nationaux de soutien accompagnent ces investisseurs», a-t-il plaidé.

En outre, M. Boutalbi a évoqué l’agenda africain sur la vision économique à horizon 2063, en estimant nécessaire que l’Algérie «insiste sur ses plans et sa stratégie au sein de cet agenda», notamment à quelques mois de la mise en £uvre de la zone africaine de libre-échange (ZLECAF). Créé en 2011, le CAAID a pour mission principale la promotion de l’investissement, du commerce et la coopération entre l’Afrique et le monde arabe.

LF 2020: une loi de transition et de promotion de l’investissement (responsables)

D’autre part, le représentant du ministère des Finances, Brahim Benali, a fait part lors de cette conférence de l’ambition de l’Etat d’encourager l’investissement notamment à travers les mesures introduites par la Loi de Finances 2020. Il a ainsi évoqué la suppression de la règle du 51/49, sauf concernant les secteurs stratégiques qui seront définis par un texte réglementaire. L’autorisation du financement extérieur des entreprises publiques, la création de zones économiques pour le développement et le développement de la digitalisation ont été également soulignés dans ce cadre. En plus, tout un arsenal juridique, incluant des avantages fiscaux, a été mis en place au profit des investisseurs dans le cadre de la loi relative à l’investissement, a fait observer M. Benali. Pour sa part, l’expert et ancien ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa a estimé que «la LF 2020 est une loi de transition de sauvegarde en amont des futures lois de Finance qui assureront la transition économique». Selon lui, les trois chantiers de l’économie nationale pour 2020 consistent en «la libéralisation de l’investissement, la modification de la gouvernance économique et la transformation du mode de fonctionnement de l’économie du pays». M. Benkhalfa a estimé que le régime de change, la régulation de l’économie et l’inclusion du secteur informel sont les priorités du secteur financier du pays.

Il a également assuré que le secteur privé jouera le rôle de levier de la croissance nationale, accompagné de la modernisation du secteur public. Quant à l’ex-directeur général de l’Ecole des hautes études Etudes commerciales (EHEC), Houari Tigharsi, il a pour sa part souligné la nécessité de mettre en £uvre une organisation fiscale efficace. «Il y a un manque de numérisation qui est très importante dans le système fiscal et dans l’ensemble des secteurs», a-t-il noté, ajoutant que le coût de la numérisation de l’administration fiscale ne doit pas constituer un obstacle du moment qu’il s’agit d’une démarche génératrice de recettes importantes pour le pays.