Libye : Tebboune reçoit le Premier ministre italien, Erdogan annonce l’envoi de troupes

Yacine Babouche, TSA, 16 Janvier 2020

Le président de la Turquie Recep Tayyip Erdogan a annoncé, ce jeudi 16 janvier, l’envoi de troupes turques en Libye afin de soutenir les forces du gouvernement d’union nationale (GNA) opposées aux forces du maréchal Khalifa Haftar, alors que doit se tenir dans trois jours une conférence internationale organisée à Berlin pour tenter de parvenir à une solution à la crise libyenne.

« Nous envoyons actuellement nos soldats [en Libye] afin de soutenir le gouvernement légitime et d’instaurer la stabilité », a déclaré le président Erdogan ce jeudi à Ankara, dans des propos cités par l’agence Reuters, ajoutant que son gouvernement continuerait d’utiliser tous ses moyens diplomatiques et militaires pour assurer la stabilité à sa frontière sud, terrestre ou maritime, incluant ainsi la Libye.

L’annonce effectuée par Erdogan ce jeudi intervient onze jours après celle qu’il avait effectuée dans laquelle il annonçait le début du déploiement de soldats turcs en Libye. « La mission de nos soldats là-bas est la coordination (…) Nos soldats sont en train d’être déployés progressivement », a déclaré Erdogan le 5 janvier dernier à CNN Turk. Trois jours auparavant, le Parlement turc avait approuvé une motion permettant au gouvernement d’envoyer des militaires turcs en Libye pour soutenir le GNA.

Le journal britannique The Guardian a rapporté quant à lui ce mercredi que la Turquie n’a envoyé pour l’heure que 35 soldats dans la capitale libyenne, Tripoli, tandis que 2000 combattants syriens ont été déployés ou seront déployés incessamment en Libye depuis la Turquie afin de soutenir les forces du GNA. Chacun des combattants syriens devrait toucher un salaire estimé à 2000 dollars mensuellement, a précisé la même source.

Alors qu’un cessez-le-feu fragile est en vigueur en Libye depuis ce dimanche à minuit suite à un appel lancé par la Russie et la Turquie, des doutes sur sa durabilité demeurent après que le maréchal Haftar ait refusé ce mardi de signer à Moscou un accord entérinant formellement ce cessez-le-feu, demandant plus de temps de réflexion.

Le refus par Haftar de signer l’accord de cessez-le-feu avait provoqué l’ire du président Erdogan, qui a fait monter d’un cran sa rhétorique belliciste en affirmant que « la Turquie n’hésitera pas à donner à Haftar la leçon qu’il mérite, s’il poursuit ses attaques contre le gouvernement légitime et nos frères en Libye ».

Dans ce contexte, les espoirs se tournent vers la conférence internationale sur la Libye prévue à Berlin ce dimanche 19 janvier, à laquelle devrait prendre part Abdelmadjid Tebboune. Ce dernier a d’ailleurs reçu ce jeudi à Alger le Premier ministre italien Giuseppe Conte afin de « poursuivre et d’approfondir leur concertation sur la crise libyenne ».

Selon Reuters, le sommet de Berlin devrait également réunir des représentants des belligérants libyens, de leurs principaux soutiens étrangers, des Nations unies et des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, France, Russie, Grande-Bretagne). Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson ont dans ce cadre confirmé ce jeudi leur participation. Selon l’ONU, la conférence de Berlin vise notamment à mettre fin aux divisions internationales et aux ingérences étrangères en Libye.

Le président du gouvernement d’union nationale, Fayez Al-Sarraj, a également confirmé sa présence à la conférence de Berlin, rapporte TV5 Monde qui indique que le maréchal Haftar n’a pour l’heure pas confirmé encore sa participation, tandis que le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, est arrivé ce jeudi à Benghazi (est du pays) afin de le rencontrer.