Le procès des premiers prisonniers du hirak programmé pour la mi-mars

Ils ont été interpellés à la fin de la marche populaire du vendredi 1er mars

Iddir Nadir, El Watan, 13 janvier 2020

Le procès des premiers manifestants du mouvement populaire vient d’être programmé. Arrêtés à la fin de la marche du 1er mars, soit le deuxième vendredi du hirak, ils voient leur procès enfin programmé pour la mi-mars, a annoncé le Comité national pour la libération des détenus d’opinion (CNLD).

«Le dossier des détenus du 1er mars (2e vendredi de la révolution) a bougé : le procès est programmé pour le 16 mars prochain. Une date qui est loin, mais c’est déjà mieux que les 10 mois d’attente.

Les détenus dans ce cas sont peut-être nombreux dans d’autres wilayas, mais il faut faire pression et médiatiser. Le cas de ces 13 détenus du 1er mars est un exemple», indique le CNLD dans un post publié en début de semaine sur sa page Facebook.

La programmation du procès intervient après une large campagne menée ces derniers jours : des photos de ces jeunes détenus ont été largement partagées récemment sur les réseaux sociaux, avec le nom et l’âge de chacun. Des familles des détenus s’étaient également impliquées en rejoignant les marches du vendredi.

Les jeunes incarcérés ont été arrêtés après des affrontements enregistrés en début de soirée du vendredi 1er mars, à El Mouradia. «Il y a effectivement 17 détenus arrêtés le 1er mars 2019. J’ai suivi moi-même leurs dossiers. Ces derniers sont au niveau du tribunal criminel. Les détenus sont poursuivis pour ‘‘incendie et dégradation de biens’’, etc. Ils ont été arrêtés suite aux premiers affrontements à El Mouradia, après la fin de la marche, à 17h…

Font-ils partie des détenus du hirak ou non ? Les infractions ont été qualifiées comme des crimes. Les procédures se poursuivent normalement. Les dossiers seront programmés par le tribunal criminel. Ils seront peut-être relaxés pour absence de preuves», signale Alili Yamina, une des membres de la défense des détenus du hirak, précisant que des avocats s’étaient constitués dans cette affaire, «dans le cadre de leur travail habituel».

La cellule de communication de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a publié des communiqués au lendemain des incidents du 2e vendredi de la contestation populaire. Selon le bilan rendu public, 45 personnes impliquées dans des affrontements ont été interpellées, dont cinq au niveau de l’hôtel El Djazair (ex-Saint George). «La plupart de ces individus sont des repris de justice et ont agi sous l’effet de substances psychotropes», a indiqué le DGSN.

Le bilan du ministère de la Santé a annoncé un décès et 183 blessés lors des marches populaires. Le CHU Mustapha Pacha a en effet admis le soir la dépouille de Hassen Benkhedda (56 ans), fils du président du GPRA, Benyoucef Benkhedda.

La source a précisé que «pour déterminer les causes exactes du décès, il a été décidé, conformément aux procédures judiciaires en vigueur, de procéder à une autopsie». La famille Benkhedda continue d’exiger la vérité sur les circonstances exactes du décès de la victime.