Réforme de la presse et droit à l’information: Le nouveau ministre Belhimer lance ses «chantiers»

Mokrane Ait Ouarabi, El Watan, 12 janvier 2020

Le nouveau ministre de la Communication, Ammar Belhimer, annonce une «réforme globale» du secteur. Dans des déclarations faites hier lors d’une tournée à la Maison de la presse Tahar Djaout et celle de Abdelkader Safir, le ministre de la Communication affirme que cette «réforme globale», dont il n’esquisse pas encore les grandes lignes, va se faire avec la contribution des différents acteurs du secteur.

Se référant aux engagements du président Abdelmadjid Tebboune, notamment dans le volet relatif à la consécration de la liberté de la presse et le renforcement de son professionnalisme, Ammar Belhimer fait état du lancement de «chantiers» qui vont porter sur «l’indépendance et la liberté de la presse». Une liberté, précise-t-il, qui doit rester «dans le cadre du respect de la vie privée et de l’éthique et de la déontologie et du rejet de l’injure et de la diffamation».

Ayant déjà fait état des défis auxquels fait face la presse, notamment ceux relatifs à l’évolution rapide des technologiques de l’information et de la communication, M. Belhimer affirme, tel que rapporté par l’APS, que «la liberté et la responsabilité sont étroitement liées pour garantir une pratique paisible des libertés». Les «chantiers» du nouveau ministre «obéiront au principe du dialogue qui sera participatif et inclusif», souligne encore l’agence officielle.

Le ministre de la Communication lie le lancement de ces «chantiers» à «l’initiation d’un dialogue national dans le cadre de l’amendement de la Constitution, qui donnera lieu à de nouvelles lois devant consacrer la pratique démocratique, dont les lois relatives au régime électoral, aux partis politiques, aux associations et à la presse», rapporte l’APS.

Un dialogue qui a déjà commencé par l’invitation de personnalités nationales, à l’instar d’Ahmed Benbitour et de Abdelaziz Rahabi, à la présidence de la République. Ammar Belhimer souligne cependant la «responsabilité des professionnels du secteur» qu’il qualifie de «particulière en matière de contribution efficace à la consécration des libertés dans un domaine vital, levier d’autres secteurs».

Selon le nouveau ministre de la Communication, il faut «libérer la pratique journalistique de toute forme de censure et de monopole» afin de garantir «les conditions propices à un exercice libre et responsable de la profession journalistique». Peut-on s’attendre donc à l’ouverture prochaine des médias publics à l’opposition et au débat contradictoire, comme le réclament depuis le début du hirak, le 22 février 2019, de nombreux partis, associations et figures politiques bien connues ?

Evoquant la situation du secteur audiovisuel privé et des médias électroniques, M. Belhimer fait état de l’impérieuse nécessité d’aller rapidement vers «l’adaptation de la loi aux exigences de ce métier qui connaît un développement rapide».

Cela, précise-t-il, dans le but de le mettre «au diapason de cette évolution aux plans législatif et professionnel». Il est à préciser que plusieurs tentatives de réformes et de nombreux chantiers ont été lancés par ses prédécesseurs sans qu’ils aboutissent. La presse est aujourd’hui plus que jamais désorganisée, affaiblie et précarisée.